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Col, The Right Honourable RGB Dickson PC, CC, KStJ, CD (1916-1998)

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Robert George Brian Dickson est né à Weyburn, Saskatchewan, le 25 mai 1916, de parents irlandais. Son père est banquier et sa mère est enseignante jusqu’à ce qu’elle vienne s’installer dans les Prairies. L’aîné et le plus studieux des deux garçons, Dickson fait partie des scouts où il aime tout particulièrement les procès simulés au camp.

Après son immatriculation à Regina, il est admis en deuxième année en Lettres à l’Université du Manitoba. In 1938, il termine premier de sa classe à la faculté de droit, méritant la Médaille d’or. Il devient membre du Barreau du Manitoba en 1940.

Entre-temps, le Canada se mobilise pour la guerre et M. Dickson joint les rangs de la 38e batterie de campagne en juin 1940. En août de la même année, il se porte volontaire comme lieutenant pour le service actif et, en février 1941, il s’embarque avec le 3e Régiment antiaérien léger en direction de la Grande-Bretagne.

Sa discipline intellectuelle et son ardeur au travail ne passent pas inaperçus, et il est choisi pour suivre l’entraînement d’état-major. Il saisit l’occasion de suivre un cours au Canada au début de 1943, et il revient à Winnipeg pour se marier. L’entraînement d’état-major est une révélation pour le capitaine Dickson qui n’oubliera jamais les leçons tirées du travail d’équipe.

Il se rend en Colombie-Britannique en qualité de major de brigade avec l’Artillerie royale canadienne, mais le major Dickson demande à retourner en Europe en mai 1944 en tant que capitaine.

Affecté au 2e Groupe d’Armée du Canada, de l’Artillerie royale, le capitaine Dickson se signale en Normandie et est mentionné aux dépêches, mais sa bonne fortune ne dure pas. Près de Falaise, sa formation est attaquée par erreur par des forces aériennes alliées, et le brigadier lui demande de disperser les véhicules afin d’éviter qu’ils ne soient endommagés. Le capitaine Dickson dirige l’opération lorsqu’il est gravement blessé à la jambe droite. On le conduit à un poste de secours où il est presque laissé pour compte tant ses blessures sont graves. Il interpelle un médecin qu’il connaît et il reçoit rapidement des soins, mais sa jambe ne peut être sauvée. Il revient en Angleterre à la fin d’août, seulement quelques semaines après son arrivée en France. En novembre, il se porte assez bien pour rentrer au Canada et il obtient sa libération en avril 1945.

De retour à Winnipeg, M. Dickson se joint à un important cabinet d’avocats où son intelligence, ses aptitudes d’organisateur et son appétit pour le travail lui valent la réussite professionnelle et des postes d’administrateur dans des sociétés importantes. La demande expresse d’un associé et avec l’assurance que sa nouvelle fonction ne lui demandera que quelques rencontres chaque année, il devient directeur de la Croix-Rouge du Manitoba en 1950, l’année où les rivières Rouge et Assiniboine provoquent des inondations sans précédent. Il prend charge des travaux de secours et il assure le soutien aux secouristes. Avec un personnel réduit, il mobilise 4000 volontaires, procède à l’évacuation de milliers de personnes et veille au bien-être de ceux qui travaillent dans les digues. Il est absent de son bureau pendant six semaines et il admet volontiers qu’il dirige les volontaires comme s’il s’agissait d’une armée.

Il est actif aux niveaux communautaire et religieux ainsi que dans la pratique du droit. Dans les années 1960, il est au faîte de sa carrière mais recherche toujours les motifs qui l’ont conduit au droit. C’est ainsi qu’en 1963, lorsque le juge en chef lui demande de siéger à la Cour du Banc de la Reine du Manitoba qui manque de personnel, il accepte. Sa décision étonne les membres partisans du barreau, lui qui ne parle jamais de politique. Son approche le distingue; il écrit un grand nombre de jugements et adopte une ligne de conduite progressiste. Il qualifie de déraisonnable la section du Code criminel qui traite de vagabondage et, lorsque la police accuse un couple d’avoir exercé leurs privilèges matrimoniaux dans leur salon, il déclare que le cas est une atteinte à leur vie privée. Des cas de ce genre lui valent le surnom de « Juge rouge » et lui permettent de se faire remarquer à Ottawa.

En 1973, à l’époque où le gouvernement cherche à créer une « société juste », le Premier ministre Trudeau nomme le juge Dickson à la Cour Suprême du Canada où, grâce à ses efforts pour apprendre le français, il est souvent le juge non québécois à faire partie du jury appelé à entendre les causes touchant le Québec.

À Ottawa, le juge Dickson renoue avec le milieu militaire. En 1983, il devient lieutenant-colonel honoraire du 30e Régiment de campagne, ARC, et il en est le colonel honoraire de 1988 à 1992.

En 1984, M. Trudeau cherche un remplaçant pour le juge en chef Laskin qui prend sa retraite. Il veut, à la tête de la Cour, un juge dynamique et travailleur capable entre autres de s’occuper des questions de la Chartre canadienne des droits. Il fait fi de la tradition voulant que cette fonction soit alternativement confiée à un anglophone et à un francophone, et il choisit le juge Dickson pour ce poste. Celui-ci se fait connaître au niveau national en parlant franchement et en expliquant aux cours inférieures de quelle façon, selon lui, la Cour appliquera la Chartre. Il amène souvent ses juges à prendre des décisions unanimes.

En 1990, alors qu’il se retire à March Township, près d’Ottawa, on souligne son travail en le faisant Compagnon de l’Ordre du Canada.

On doit au juge en chef Dickson des jugements qui ont permis au Canada de modifier des lois s’appuyant sur des valeurs de l’époque victorienne pour en arriver à une constitution moderne. Sa façon de diriger la Cour au regard de l’interprétation de la Chartre a été bénéfique à l’ensemble des citoyens.

Les Canadiens pour des générations à venir profiteront de son amour pour la justice, son travail et son pays.

Le juge en chef Dickson a mis fin à sa retraite pour recommander des changements à apporter au système juridique militaire canadien en 1997. Son rapport a servi de fondement aux réformes de la Loi sur la défense nationale qui assureront la viabilité de la justice militaire au Canada pendant de nombreuses années.

Le juge en chef Dickson est décédé en 1998 à son domicile situé à l’extérieur d’Ottawa.




BGen EMD Leslie DSO, CD (1918-1979)

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Fils d’un autre remarquable artilleur canadien, le brigadier-général Edward Murray Dalziel «Teddy» McNaughton est né à Guildford dans le comté de Somerset en Angleterre en octobre 1918. Ayant fait ses études au Royaume-Uni et au Collège Loyola de Montréal, il s’enrôla comme artilleur dans la 1ère Batterie de campagne d’Ottawa. Commissionné en 1938, il s’engagea dans la force permanente l’année suivante, servant d’abord auprès de la batterie «B» de l’Artillerie royale du Canada.

Le lieutenant McNaaughton traverse l’Atlantique en décembre 1939 et sert au Royaume-Uni comme instructeur d’artillerie à l’École de l’artillerie de l’Armée (outre-mer), en Italie auprès du 5e Medium Regiment et au Nord-Ouest de l’Europe comme major de brigade de l’Artillerie royale canadienne, avec la 5e Division blindée. Promu major en 1942, il est cité à trois occasions et reçoit l’étoile de bronze des États-Unis. En 1943, il est choisi pour suivre le cours d’état-major au Collège d’état-major de Camberley.

Il revient au Canada en 1945 pour s’entraîner avec la force du Pacifique (6e Division du Canada), puis retourne en Europe pour servir auprès de la force d’occupation de l’Armée de terre canadienne en Allemagne.

En 1951, il est promu et nommé commandant du 1er Régiment, de l’Artillerie royale du Canada, et amène celui-ci en Corée au printemps de 1952. Le 5 mai, le 1er Régiment est sur place et soutient dans l’action la division du Commonwealth. Les qualités de chef du lieutenant-colonel «Teddy» Leslie (il a fait changer son nom de famille pour satisfaire les termes d’un héritage), ses compétences techniques d’artilleur et son courage personnel servent d’exemple pour ses officiers et ses soldats. Ses commandants d’arme qui ont bénéficié de son appui mentionnent à plusieurs reprises ses plans de feux brillamment conçus comme ayant été le facteur décisif de leurs opérations. Ses efforts soutenus pour assurer le meilleur appui-feu sont reconnus par l’attribution de l’Ordre du service distingué. Il ramène son régiment à Winnipeg après avoir tiré plus de 300 000 obus. Quittant le commandement en 1955, il est nommé au quartier général de l’Armée à Ottawa.

Après son entraînement au Collège d’état-major de l’Armée américaine à Norfolk en Virginie, il est nommé responsable de planification de l’état-major auprès du groupe permanent de l’OTAN à Washington. En mars 1961, il est promu colonel et est nommé commandant de l’École de l’Artillerie royale canadienne au camp Shilo du Manitoba. Ses qualités de chef et son amour de l’artillerie sont mis à profit; il exerce une profonde influence sur les milliers d’artilleurs qui fréquentent l’école. En août 1966, il est promu brigadier et nommé commandant du 2e Groupe-brigade de l’infanterie canadienne à Petawawa.

A l’été 1968, le brigadier-général Leslie est nommé chef d’état-major de la force des Nations unies à Chypre, le premier officier canadien à occuper ce poste. Son comportement énergique et professionnel lui gagne rapidement le respect d’autres contingents nationaux et la confiance des factions rivales.

De retour au Canada en juillet 1972, il commande la Base des Forces canadiennes Borden jusqu’à sa retraite en novembre de la même année. En janvier 1975, il accepte la nomination de colonel commandant du Régiment royal de l’Artillerie canadienne, responsabilité qu’il assume avec son enthousiasme caractéristique jusqu’à son décès le 3 août 1979.

Le brigadier-général Leslie était un défenseur acharné du Canada. Il était profondément dévoué à sa profession, à son régiment et à ses soldats. Il est inscrit dans la mémoire de trois générations d’artilleurs canadiens pour son caractère unique, son amour de la vie et son attachement à ses artilleurs.




Col, The Honourable JR Matheson OC, KSTJ, CD, QC, LLD (1917- )

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John Ross Matheson naît à Arundel, au Québec, le 14 novembre 1917, mois de la bataille de Passchendaele, durant la Première Guerre mondiale. Il est le seul fils et l’aîné des quatre enfants du révérend Dawson et de Gertrude Matheson, de Québec. En mai 1937, il s’enrôle dans la 57e Batterie de campagne de l’Artillerie royale canadienne (RCA), à Québec. D’Artilleur, il obtient les grades de Bombardier, puis de Sergent. En septembre 1939, il est transféré au Corps-école d’officiers canadiens, à l’Université Queen’s, à Kingston, où il est formé par des militaires du Royal Military College et de la Royal Canadian Horse Artillery. Le 6 juin 1940, il est posté à la 1re Batterie de campagne RCA, au camp Petawawa puis outre-mer, au camp Borden. Une fois rendu en Angleterre, il est affecté au contrôle du tir sur la côte sud : durant les mois de décembre 1940 et 1941 ont lieu des bombardements intensif (blitz).

M. Matheson est le seul officier à avoir servi, en temps de guerre, dans les trois batteries du 1er Régiment, Royal Canadian Horse Artillery. D’abord affecté aux canons à la Batterie B en octobre 1941, il passe ensuite au Quartier général de la 1re Division, en juillet 1942, à titre d’officier d’état-major – Renseignement pour l’Artillerie. Durant sa période de service à ce poste, le Capitaine Matheson est renvoyé au Collège d’état-major, au Canada. En février 1943, il se présente devant le Brigadier Bruce Matthews pour demander de rejoindre son régiment. Les Alliés se trouvent dans une situation difficile et il veut retourner au front.

Le Capt Matheson participe au débarquement de la 1re Division du Canada durant l’Opération HUSKY, l’invasion de la Sicile. Il est alors officier observateur avancé (OOA) pour la Batterie A, 1 RCHA, qui débarque sur les plages de Pachino. Il conserve son poste tout au long de la campagne sicilienne et est l’un des premiers OOA à débarquer sur le continent italien, à Reggio di Calabria. Il demeure affecté au contrôle du tir des canons du 1 RCHA, en appui à certaines des meilleurs régiments du Canada au cours de leur progression vers le nord le long de la côte adriatique de l’Italie. Il travaille pour un grand nombre d’unités : Royal 22e Régiment, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, Royal Canadian Regiment, 48th Highlanders, West Nova Scotias, Hastings and Prince Edwards, Loyal Edmontons, Seaforth Highlanders et Carleton and Yorks. Le Capt Matheson combat en fait avec chacun des neuf bataillons de la 1re Division du Canada, ainsi qu’avec des unités de la Brigade britannique de Malte. Il participe aux batailles sanglantes de la campagne italienne jusqu’au jour où, alors qu’il se prépare à traverser la rivière Moro et à se joindre au combat avec le West Nova Scotias, il est blessé par un obus à éclatement aérien destiné à déranger les troupes et à leur interdire la principale route menant à Ortona. Six éclats d’obus se logent dans son crâne et le Capt Matheson est d’abord donné pour mort. Il est cependant hospitalisé à Bari, en Italie, puis à Alger et dans de nombreux hôpitaux militaires britanniques et canadiens. Après avoir passé plusieurs mois à se rétablir à l’hôpital Sainte-Anne de Bellevue, où il rencontre sa future épouse, Edith, il reçoit son congé en 1945. Il s’engage alors dans une carrière juridique et politique.

M. Matheson est élu quatre fois député du comté de Leeds entre 1961 et 1968; durant ce temps, il préside le Comité permanent des Affaires extérieures, travaille comme secrétaire parlementaire du premier ministre Lester B. Pearson et participe au Comité spécial sur la Défense. Il s’intéresse tout particulièrement à la défense et au renseignement. En 1961, il sert d’observateur pour les Nations Unies et, plus tard, il participe à plusieurs missions en Europe et en Asie au nom du premier ministre. Durant cette période, M. Pearson confie à Matheson la responsabilité du symbolisme canadien. John Matheson travaille très fort avec d’autres personnes à la création du drapeau unifolié et de l’Ordre du Canada.

En 1972, à Ottawa, on invite le juge Matheson à rejoindre la milice où il joue un rôle honoraire et participe à de nombreuses conférences d’associations de la Défense. Il reçoit la Décoration des Forces canadiennes en 1977 et prend sa retraite du 30e Régiment d’artillerie de campagne du Régiment royal de l’Artillerie canadienne en 1982; il a alors le grade de Colonel. Membre à vie de l’Association de l’Artillerie royale canadienne, de l’association de la Brigade de la Royal Canadian Horse Artillery, du Club des Collèges militaires royaux du Canada, de l’Institut interarmées et de la Légion royale canadienne, et membre de l’Association canadienne du renseignement et de la sécurité et de l’Institut canadien des études stratégiques, M. Matheson poursuit ses activités comme conférencier.

John Matheson est surtout connu pour avoir contribué à créer le drapeau canadien et l’Ordre du Canada. Il habite actuellement à Kingston.




Adjudant-chef (maître artilleur) E.E. Patrick, CD (1930-2021)

Adjudant-chef (maître artilleur) E.E. Patrick, CD

L’adjudant-chef (maître artilleur) Errol Eric Patrick, CD, naît à Montréal, au Québec, le 27 avril 1930. Il grandit à la Trinité sous la tutelle de son grand-père avant de retourner au Canada à l’âge de 16 ans, à Surrey, en Colombie-Britannique, où il obtient son diplôme de l’école secondaire Queen Elizabeth en 1949.

En août 1950, à l’encontre de l’avis de son père, il s’enrôle dans l’Armée canadienne pour prouver qu’il peut tracer son propre chemin dans la vie. Il a l’intention de combattre pendant la guerre de Corée, puis de retourner à la vie civile pour poursuivre ses études universitaires. Au lieu, il sert avec distinction pendant 35 années au sein du Régiment royal de l’Artillerie canadienne et atteint le grade d’adjudant-chef. Il exerce également les fonctions de conseiller MR supérieur auprès du directeur de l’Artillerie pendant cinq ans.

Après avoir suivi l’instruction des recrues à l’École de l'Artillerie royale canadienne (E/ARC) à Shilo, l’artilleur Patrick est affecté au 2 RCHA. Il sert au sein de ce régiment et du 1 RCHA en Corée, de janvier 1952 à mars 1953. Il perçoit son service en temps de guerre comme un travail exigeant, mais très enrichissant. Il est reconnaissant envers les vétérans aguerris de la Deuxième Guerre mondiale au sein de sa batterie qui lui apprennent comment survivre sur le champ de bataille. Dans une entrevue enregistrée avec Anciens Combattants Canada (https://www.veterans.gc.ca/eng/video-gallery/video/8908), il se souvient avoir utilisé de l’équipement inférieur à la norme et des munitions récupérées en mer; des dangers posés par les mines terrestres; de la difficulté de creuser des trous à canon dans un terrain rocheux; de l’art de « fouiner » pour les fournitures requises; des rigueurs des conditions climatiques extrêmes; des tirs intenses de l’artillerie de la division du Commonwealth à l’appui de la défense de la colline 355 (Petit Gibraltar) contre l’attaque des forces de la Chine et de la Corée du Nord.

En 1953, après son retour de la Corée, l’artilleur Patrick est affecté à la 1re Batterie légère (parachutistes), ARC (plus tard rebaptisée Batterie Z, 1 RCHA), où il obtient son brevet de parachutiste et est promu au grade de sergent.

Il est affecté de nouveau au 1 RCHA de 1957 à 1960, cette fois à Hemer, en Allemagne, avant de retourner à l’E/ARC pour suivre le cours ardu d’un an d’instructeur adjoint d'artillerie (AIG). Le sergent Patrick travaille comme AIG pendant six ans à Shilo, jusqu’en 1966, après quoi il est promu au grade de sergent d’état-major et affecté de nouveau au 1 RCHA, et travaille trois autres années à Hemer. Au cours de cette affectation, il est promu au grade d’adjudant de 2e classe (adj 2) et est nommé sergent-major de batterie.

À son retour au Canada en 1969, il sert au sein du 2 RCHA et du 4 RCHA à Petawawa. En 1972, il est promu au grade d’adjuc et suit le cours de maître artilleur, après quoi il est nommé SMR du 3 RCHA à Shilo.

De 1975 à 1979, il exerce les fonctions de sergent-major instructeur en artillerie (SMIA) à l’École d’artillerie à Gagetown avant de terminer sa carrière à Ottawa en tant que gestionnaire du cycle de vie du parc d’obusiers M109A1, de 1979 à 1980, et d’adjuc de l’artillerie (SMR ARC), de 1980 à 1985.

Après son départ à la retraite de l’Armée en 1985, M. Patrick travaille à Travaux publics et Services gouvernementaux Canada en tant qu’inspecteur en bâtiment. Il joue également un rôle actif au sein de la Légion royale canadienne en occupant divers postes, y compris celui de président de la filiale 632. Il est connu pour ses efforts de défense du bien-être des anciens combattants et son dévouement à l’importance du jour du Souvenir et du Fonds du coquelicot. « Chaque jour est le jour du Souvenir », disait-il.

Un ancien combattant de la guerre de Corée, parachutiste, membre des régiments du RCHA, instructeur adjoint en artillerie, maître artilleur et SMR (à trois reprises), M. Patrick a mené une carrière remarquable. Sa diligence, ses habiletés, son leadership et sa courtoisie lui ont valu le profond respect et l’admiration de ses confrères. Il a ouvert la voie aux Canadiens de race noire qui souhaitent faire partie du Régiment royal et a donné un exemple admirable à tous les membres du Régiment grâce à son mérite de soldat, son caractère distingué et son dévouement à ses camarades artilleurs, son régiment, sa communauté et son pays.

L’adjudant-chef (maître artilleur) E.E. Patrick est décédé à Ottawa le 5 janvier 2021 à l’âge de 90 ans. Il a mené une vie bien remplie et enrichissante. Nous nous souviendrons de lui comme l’un des meilleurs artilleurs du Canada.




WO 1st Class (RSM) FL Saunders CD (1910-1993)

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Frank Lewis Saunders est né à Gosport, Hants, en Angleterre, le 28 novembre 1910. Six ans plus tard, lors du décès de son père, Frank et son jeune frère George, devaient être placés dans un orphelinat de Londres mais, à la dernière minute, une tante et un oncle décident d’adopter les deux garçons qui viennent grossir les rangs d’une famille qui compte déjà sept enfants. La vie est loin d’être facile mais on s’y fait.

Après avoir fréquenté l’école aux frais de l’état en Angleterre, le jeune Frank, qui s’est rendu jusqu’au niveau scolaire le plus élevé, “Standard VII”, devient apprenti chez Russel & Bromely, fabricants de chaussures. Il se cherche aussi d’autres emplois pour augmenter son maigre revenu; il sera ainsi tour à tour ouvrier et bûcheron.

A la fin des années 1920, l’Église anglicane parraine un programme d’émigration vers les provinces de l’ouest du Canada. Une fois à destination, l’immigrant doit rembourser le prix de la traversée en travaillant sur une ferme collective. Le jeune Frank voit là une occasion d’améliorer son sort et se retrouve sur une modeste ferme près de Wauchope en Saskatchewan. Le travail est dur mais les conditions acceptables. Il se découvre une passion pour les animaux, particulièrement les chevaux.

Après avoir remboursé sa dette, il décide de visiter son pays d’adoption. Il économise suffisamment pour se payer le voyage en train jusqu’à Winnipeg où il se met en quête de travail et d’aventure. En ville depuis quelques jours à peine, il voit défiler la batterie “C” du Royal Canadian Horse Artillery (RCHA). Les chevaux splendides, les harnais bien astiqués, les canons qui brillent et les magnifiques uniformes enflamment l’imagination du jeune homme. Le 29 mai 1929, il s’enrôle dans la batterie “C” et y demeurera associé durant 63 années.

Il est envoyé à Fort Osborne Barracks à Winnipeg où il demeurera jusqu’en décembre 1939, date à laquelle il s’embarque pour l’Angleterre. Durant la Seconde Guerre mondiale, il combat en Sicile, en Italie, en France, en Hollande et en Allemagne; à la fin de la guerre, il est sergent-major de batterie. Il rentre chez lui à Winnipeg trois jours après la victoire finale des alliés. Il se porte volontaire pour faire partie de la force spéciale levée au Canada à la demande des Nations Unies; on le retrouve ainsi au sein du 1st Regiment Canadian Horse Artillery en Corée, d’avril 1952 à mai 1953.

Il est promu adjudant de 1ère classe le 20 juin 1960 et agit durant trois ans comme sergent-major régimentaire au Dépôt de l’Artillerie royale canadienne. En 1963, il est à nouveau affecté à Winnipeg comme instructeur et il prend sa retraite deux ans plus tard, le 18 juillet 1966.

Après un bref congé, il entre à l’emploi de la Banque royale du Canada où il travaillera 10 ans, au Centre de traitement informatique de Winnipeg. Il prend sa retraite pour une deuxième fois en septembre 1976.

Ardent supporter des institutions de l’Artillerie canadienne, il est durant 21 ans président de l’Association de l’Artillerie royale du Canada de Winnipeg. Il fait partie de la Monarchist League of Canada et de la Branche 100 de la Légion royale canadienne. Il est également actif au sein de la loge maçonnique. “Hank”, comme l’appelle ses amis, écrit fréquemment dans le Quadrant, une des publications internes du Régiment royal. Ses souvenirs, son vocabulaire militaire et sa façon bien à lui de voir les choses confèrent un caractère particulier à ses histoires “de soldats”.

Hank Saunders, un artilleur de la vieille école, s’éteint à Winnipeg le 14 janvier 1993, des suites d’une brève maladie. Il repose dans la section réservée aux militaires du cimetière Brookside.




LGen GG Simonds CC, CB, CBE, DSO, CD (1903-1974)

Photo of LGen GG Simonds

Officier de carrière de la troisième génération, Guy Granville Simonds est né en 1903 à Ixworth dans le comté de Sussex en Angleterre. Amené à Vancouver à l’âge de neuf ans, il fait ses études au College Ashbury d’Ottawa; à l’âge de 18 ans, il est accepté au Collège militaire royal (RMC) de Kingston. Il se mérite bientôt une réputation d’excellence, obtenant des notes «distinction» dans la moitié des sujets qu’il choisit.

Diplômé en 1925, il est breveté dans le Royal Canadian Horse Artillery (RCHA) et, après sept ans de service au régiment, il est choisi pour suivre un cours d’état-major d’artillerie au Royaume-Uni. De retour au Canada, il devient instructeur d’artillerie à l’École de l’Artillerie royale canadienne (mobile) jusqu’à ce qu’il soit à nouveau choisi pour aller au Collège d’état-major du Royaume-uni à Camberley, premier officier de l’ARC breveté depuis la guerre à fréquenter cette institution. Ses connaissances et ses capacités comme instructeur lui méritent le poste de professeur associé d’artillerie au Collège Militaire royal (RMC) et plus tard le poste de professeur de tactique. En 1939, c’était évident qu’il était un officier très prometteur.

Lorsque la guerre éclate, le major Simonds se rend outre-Atlantique avec l’état-major de la 1ère Division canadienne et pendant trois mois en 1940, il commande le 1er Régiment de campagne, Royal Canadian Horse Artillery. En 1941, il met au point et dirige le premier cours d’état-major canadien donné outre-mer.

En 1942, le général Montgomery donne l’ordre à tous les officiers sous son commandement de suivre un programme de cours spécialisés. Le brigadier Simonds lui signale que les officiers canadiens ont suivi des cours pendant plus de deux ans et qu’il était plus urgent pour eux de se mettre en rapport avec leurs soldats. A la surprise de tous, Montgomery réplique : «Bien sûr, vous avez raison!». Cette rencontre marque le début d’une longue et solide amitié.

Au printemps de 1943, Simonds est nommé commandant de la 2e Division du Canada et est promu deux semaines plus tard. A titre de plus jeune major-général du Canada, il exerce le commandement de la 1ère Division du Canada qui se préparait alors à combattre en Sicile. Sa campagne est rapide et victorieuse. Il dirige la division en Italie et est bientôt rappelé en Europe, promu lieutenant-général et nommé commandant du 2e Corps du Canada alors à l’entraînement pour l’invasion de la Normandie.

Le lieutenant-général Simonds conduit une série de campagnes victorieuses; la bataille de l’île Walcheren et l’ouverture de l’estuaire de l’Escaut à la navigation alliée sont des préludes à la bataille de Caen et de Falaise. En 1944, à la tête de 150 000 soldats du 2e Corps canadien, il reçoit l’ordre de fermer la moitié nord de la brèche de Falaise par où pourraient fuir les armées allemandes en retraite. Ses initiatives innovatrices et offensives servent maintenant d’exemples dans les manuels. Après 15 jours, l’ennemi est en déroute. Selon le commandant, le général Dwight Eisenhower, cette victoire compte parmi les trois batailles les plus décisives de l’Europe.

A la fin des hostilités, le lieutenant-général Simonds commande les forces canadiennes aux Pays-Bas et les forces canadiennes d’occupation dans le nord-ouest de l’Allemagne. Après une permission, il est nommé au Collège impérial de la défense en Grande-Bretagne et en l949 prend le commandement du Collège de la défense nationale et du Collège d’état-major de l’Armée canadienne. Deux ans plus tard, il est nommé chef de l’état-major général, poste qu’il occupe jusqu’à sa retraite en 1956.

Les nombreux exploits du lieutenant-général Simonds sont reconnus par son souverain, les gouvernements de France et de Pologne et par le Canada. Il est fait commandant de l’Ordre du Bain, reçoit de la France la Légion d’honneur et la Croix de guerre, de la Pologne l’Ordre de la vertu militaire et en 1970, devient compagnon de l’Ordre du Canada. Il incarne le type même du soldat agile, droit, impeccable et faisant preuve de discipline en tout. Son regard perçant et sa moustache bien taillée l’identifient comme un officier de l’Armée de terre professionnel.

Il est très en demande comme orateur dans la vie civile et juge sévèrement la politique de défense du Canada. Il s’oppose à la destruction d’édifices historiques et déplore l’incapacité du pays à développer des industries secondaires.

En quittant l’Armée, il est nommé président de la Toronto Brick Company, vice-président de la Commercial Life et directeur de la Halifax Insurance Company. Il est actif auprès de sa communauté, occupant les postes de président national du comité de service aux vétérans de la Croix-Rouge, de membre de la Toronto Arts Foundation et de président du Ballet national du Canada.

Le lieutenant-général Simonds est décédé le 15 mai 1974 à Toronto et a été inhumé avec tous les honneurs militaires.




Brigadier-général W.W. Turner, CD (1921–2016)

Brigadier-général W.W. Turner, CD

Le brigadier-général William Wiglesworth Turner est né à Winnipeg le 17 septembre 1921. Son père, feu le colonel M.W. Turner, OBE, CD, après avoir été grièvement blessé lors de la bataille de la Somme, au cours de la Première Guerre mondiale, a été rapatrié au Canada, où il servira encore pendant 35 ans comme officier de l’Armée canadienne.

Le brigadier-général Turner avait 17 ans lorsqu’il s’est enrôlé comme artilleur avec la 56th Heavy Battery du 5th (British Columbia) Coast Regiment, RCA de la Milice active non-permanente, à Victoria, en 1938. En 1940, il est admis au Collège militaire royal de Kingston, faisant partie de la dernière cohorte (Collège No. 2816) avant la fermeture du Collège en 1942 pour la durée de la guerre. En juillet 1943, après avoir reçu sa commission d’officier et suivi l’instruction supplémentaire en artillerie à Petawawa, il traverse l’océan comme membre du 23rd Field Regiment (Self-Propelled), RCA.

La troisième semaine de juillet 1944, le lieutenant Turner arrive en Normandie avec son régiment, qui relève de la 4th Armoured Divisional Artillery. À titre d’officier de tir, il est immédiatement envoyé au combat dans le cadre de l’effort canadien principal, dont l’objectif est la capture de Caen et la réduction de l’écart à Falaise. Après la bataille de Normandie et le dégagement des ports de la Manche, il est promu au grade de capitaine en décembre 1944 et transféré au 15e Régiment d’artillerie de campagne, ARC où il sert comme officier observateur avancé, participant au nettoyage des positions de l’armée allemande dans l’estuaire de l’Escaut et la forêt de Hochwald et ensuite au franchissement du Rhin et à l’offensive finale de la guerre en Allemagne, qui se déroule près de Wilhelmshaven. Son expérience de la guerre comprend le combat rapproché et l’occupation de postes d’observation, habituellement à quelques centaines de verges de l’objectif et souvent sous le feu constant des mitrailleuses et des obusiers ennemis. Malgré ces conditions, il dirige sans relâche, avec précision et efficacité, les tirs contre les positions ennemies.

Après la fin des combats en Europe, le capitaine Turner se porte volontaire pour se joindre aux Troupes canadiennes du Pacifique, une unité formée en vue de l’invasion du Japon. Il était de retour au Canada et se trouvait à Toronto lorsque la guerre dans le Pacifique a pris fin, avec le bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki, et par la suite la reddition sans condition du Japon.

Il est demeuré dans la Force régulière après la guerre, se joignant à 1er Régiment d’artillerie de campagne, RCHA. En 1946, il est choisi pour participer au Long Gunnery Staff Course (cours d’officier d’état-major d’artillerie) à l’École d’artillerie royale de Larkhill (Angleterre). Après avoir obtenu sa qualification d’instructeur en artillerie (IA), il a enseigné durant trois ans à l’École de l’Artillerie royale canadienne, à Shilo, y inclus la tâche de former la première fournée de recrues sélectionnées pour le service en Corée avec le tout nouveau 2e Régiment de campagne, RCHA. Ensuite, il est choisi pour servir comme premier IA canadien à Larkhill, de 1951 à 1953, dans le cadre d’un programme d’échange. Il étudie au Collège d’état-major de l’Armée canadienne, en 1954-1955, puis il est affecté au Quartier général de la région militaire de l’Ouest, à Edmonton. Il commande ensuite la 4e Batterie d’artillerie antiaérienne légère, ARC, à Victoria (C. B.).

En 1957, il est nommé chef des opérations de l’Organisme des NU chargé de la surveillance de la trêve en Palestine, où il est d’abord affecté à Gaza, puis à Jérusalem. Alors qu’il travaille avec la Commission mixte d’armistice de Jordanie et d’Israël, lui et le lieutenant-colonel George Flint, du PPCLI, ont été la cible de tir alors qu’ils se trouvaient sur le mont Scopus. Tentant d’évacuer des policiers israéliens blessés à l’occasion d’un cessez-le-feu, le lieutenant-colonel Flint a été abattu alors qu’il agitait un drapeau blanc. Le major Turner est resté immobilisé pendant plusieurs heures et c’est sous le couvert de la nuit qu’il a été en mesure de se frayer un chemin pour aller récupérer le corps du lieutenant-colonel Flint.

De 1959 à 1961, il occupe le poste de major de brigade avec le 4e Groupe-brigade d’infanterie canadienne (4 GBIC), qui faisait alors partie de l’Armée britannique du Rhin (BAOR) et est posté le long de la frontière interallemande. La guerre froide était alors à son apogée et le 4 GBIC était une formation exceptionnellement forte, considérée par plusieurs comme équivalente à une division légère. Promu au grade de lieutenant-colonel en 1961, il prend le commandement du 3e Régiment, RCHA, à Hemer, en Allemagne. Il transforme rapidement un régiment au rendement médiocre en l’un des meilleurs, remportant toutes les compétitions d’artillerie de division BAOR. Il demeure au poste de commandant pendant quatre ans, ayant même l’occasion de diriger son Régiment alors qu’il aménage dans ses nouvelles installations, à Winnipeg, en 1964.

En 1967, il est promu au grade de colonel et on lui confie le poste de commandant du Contingent canadien et celui de sous-chef d’état-major de la Force des Nations Unies à Chypre. Après une courte affectation de directeur des opérations au QGDN, il est choisi, en 1969, pour participer à un cours de l’Imperial Defence College, à Londres. Il revient au Canada, à Kingston, pour se joindre au personnel d’instruction du Collège de la Défense nationale.

En 1973, il est promu au grade de brigadier-général et nommé commandant du Collège militaire royal, à Kingston. Là, suivant les ordres explicites de celui qui est alors le chef d’état-major de la Défense, le général Jacques Dextraze, il travaille sans relâche pour remettre l’aspect « militaire » au goût du jour au CMR. Il y est parvenu grâce à sa détermination inébranlable de former des officiers de première classe pour les Forces canadiennes. Son mandat de commandant a été prolongé, malgré le fait que l’âge de la retraite obligatoire était arrivé, ce qui lui a permis d’être présent à son poste lors de l’année de célébration du centenaire du Collège, en 1976.

Le brigadier-général Turner a mis fin à son illustre carrière dans la Force régulière au Collège militaire royal en 1977, où tout avait commencé pour lui 37 ans plus tôt.

En 1979, il est nommé colonel commandant du Régiment royal de l’Artillerie canadienne. Son premier mandant a été prolongé de trois ans et, durant cette période, le général Turner a rendu visite à chaque détachement d’artillerie au Canada et à l’étranger au moins une fois et il s’est fait un devoir de parler avec autant de jeunes artilleurs qu’il était en mesure de le faire. Il a travaillé avec diligence sur des enjeux d’importance pour le Régiment royal et il en a été l’un de ces plus respectés défenseurs. Il a mis en place le cours d’officier subalterne de l’ARC à l’intention de tous les officiers qui viennent de recevoir leur commission. Ce cours a pour but de leur faire connaître la riche histoire et le patrimoine du Régiment et de leur inculquer son éthos et ses valeurs consacrés.

La carrière en uniforme du brigadier-général Turner s’étend sur 48 ans. Ses qualités de leader et de mentor durant la guerre, au service de l’OTAN et de l’ONU, au pays comme à l’étranger, à des postes exigeants, de major de brigade à commandant, de commandant du Collège militaire royal à son dernier poste de colonel commandant du Régiment royal de l’Artillerie canadienne, sont une source d’inspiration pour les autres. Sa manière d’incarner les vertus attendues du soldat, c’est-à-dire le courage, l’honneur, la distinction et le dévouement envers son pays et son régiment, ont eu une influence remarquable et durable sur plusieurs générations d’officiers et de soldats canadiens et du reste du monde.

Le général Turner est l’auteur d’un livre intitulé « Memories of World War II – 1939 to 1945 » (Souvenirs de la Deuxième Guerre mondiale, 1939 à 1945), un compte rendu de ses expériences durant la guerre, écrit à l’intention de sa famille.

Pour son service, il a reçu les distinctions suivantes : l’Étoile de 1939-1945, l’Étoile France-Allemagne, la Médaille de la Défense, la Médaille canadienne du volontaire (avec agrafe), la Médaille de la guerre de 1939-1945, la Médaille du service spécial, la Médaille canadienne du maintien de la paix, la Médaille de l’Organisme de l’ONU chargé de la surveillance de la trêve en Palestine, la Médaille des Forces de l’ONU à Chypre, la Médaille du centenaire du Canada, la Médaille du jubilé d’argent de la reine Elizabeth II, la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II, la Décoration des Forces canadiennes (avec trois agrafes). Le gouvernement de la France lui a également rendu hommage en le nommant Chevalier de la Légion d’honneur.

Après son départ à la retraite de l’Armée, le brigadier-général Turner a travaillé dans le secteur privé comme vice-président de l’Urban Transit Development Corporation et, par la suite, comme gestionnaire du développement dans l’entreprise Homestead Land Holdings, à Kingston (Ontario).

Il était membre à vie du Club des Collèges militaires royaux du Canada, ancien président de la branche de Kingston de ce club et a agi à titre de secrétaire de sa classe pendant de nombreuses années. Il faisait partie de l’Association de l’Artillerie royale du Canada, de l’Association de la brigade de la RCHA et de la filiale 560 de la Légion royale canadienne. Il était président honoraire de la filiale 9 de la Légion royale canadienne et a été président de Royal Kingston United Services Institute.

Après une vie enrichissante et pleine de vie, le brigadier-général W.W. Turner est décédé à Kingston en décembre 2016, à l’âge de 95 ans.




CWO LJ Vallee OMM, MM, CD (1923-2000)

Photo of CWO LJ Vallee

Leo Joseph Vallee est né à Carleton Place, en Ontario, le 15 décembre 1923. Son père, ouvrier dans une usine de filature, a élevé Leo et son cadet après le décès de son épouse en 1928. Leo, jeune homme énergique qui excellait dans les sports et les activités de plein air, a fait ses études à Carleton Place et Renfrew.

En février 1940, à l’âge de 16 ans, Rudy (surnom qui va de soi) s’enrôle dans le Lanark and Renfrew Scottish Regiment et participe peu après à son premier camp d’été à Petawawa. Au mois de mars suivant, il s’enrôle dans l’Artillerie royale canadienne et suit son entraînement à Peterborough et Petawawa. Ce sont les possibilités de vivre l’aventure, de relever des défis et d’obtenir une éducation générale diversifiée qui avaient attiré le jeune artilleur Vallee.

En juillet 1941, il s’embarque pour l’Angleterre à bord du Empress of Canada avec ses camarades du 14e Régiment de campagne de l’ARC. Au cours des trois années qui suivent, il se prépare avec son unité pour l’attaque de libération de la France, apprenant à maîtriser les tâches de conducteur, servant d’armes, signaleur et adjoint technique alors que l’unité s’initiait au fonctionnement des howitzers automoteurs.

L’artilleur Vallee a fait sa part lors de cette bataille épique. Après un mois et demi en Normandie, il reçoit la Médaille militaire de bravoure et service insigne sur le terrain pour son intervention lors d’un incendie à une position de tir, alors que le feu s’était déclaré dans des gargousses et s’était propagé au canon.

Il sert en Europe du Nord-Ouest comme bombardier jusqu’à la fin du conflit, puis se porte volontaire pour faire partie de l’Armée canadienne du Pacifique. Lors de son rapatriement, il se joint au 1er Bataillon d’artillerie de campagne de l’ARC à Petawawa, mais n’est jamais envoyé au front.

À la fin du conflit du Pacifique, en août 1945, il est affecté au 71e Régiment de campagne de l’ARC, à Petawawa. En septembre 1946, il prend épouse, puis se joint au 1er Régiment du Royal Canadian Horse Artillery (1 RCHA), à Camp Shilo, au Manitoba.

Au début de 1947, il suit le cours de transport de l’unité à l’école aérienne interarmes à Rivers, au Manitoba, amorçant ainsi sa longue association avec les forces aéroportées. Il est affecté à Batterie légère B (parachutistes) du 1 RCHA comme instructeur de groupe III au printemps de 1949, et obtient ses qualifications de parachutiste.

Au mois de septembre suivant, il se joint au 2e Régiment de campagne du Royal Canadian Horse Artillery alors que celui-ci se prépare à partir pour la Corée. En octobre 1950, il est envoyé en Corée avec le Groupe avancé d’approvisionnement en eau, mais retourne à Fort Lewis en décembre 1950 pour rejoindre son régiment à l’entraînement.

Après six mois d’entraînement à Fort Lewis, son unité embarque à bord du bâtiment américain General Edwin D. Patrick, et arrive le 4 mai 1951 à Pusan, en Corée. Alors devenu Adjudant de 2e classe, il sert en Corée jusqu’au 27 décembre. Peu après, il se retrouve à Shilo, de nouveau à l’école d’artillerie. Il s’y qualifie comme instructeur d’artillerie de la division de campagne (Groupe IV), et est affecté à la 1re Batterie d’infanterie légère (Para) comme sergent-major de Batterie.

Vers la fin de 1957, dans le cadre du roulement normal de trois ans des régiments au 4e Groupe‑brigade d’infanterie du Canada en service auprès de l’Armée britannique du Rhin, le Sergent‑major Vallee, après avoir suivi le cours d’exercices de marche et tâches et avoir passé trois mois au Royal Horse Artillery, se joint au 1er Régiment pour y occuper le poste de Sergent‑major de batterie à la Batterie B. Après un séjour de trois ans en Europe, il revient au 4e Régiment du Royal Canadian Horse Artillery, à Petawawa, où il devient SMB de la Batterie L. En septembre 1963, il est promu et nommé Sergent-major régimentaire (SMR). Après trois années assez bien remplies, il retourne de nouveau dans l’Ouest pour se joindre au personnel instructeur du district du Manitoba, et peu de temps après, il est affecté à la base des Forces canadiennes de Shilo. En janvier 1968, il retourne dans l’Est de l’Ontario pour travailler au Quartier général des Forces canadiennes à Ottawa.

Il est nommé SMR une seconde fois en novembre 1968, auprès du 1er Régiment du Royal Canadian Horse Artillery, en Allemagne. Il y joue un rôle crucial lors de la transition de l’unité des canons remorqués légers aux canons moyens automoteurs. Son expérience de quelque 25 ans dans l’armée et son utilisation de matériel similaire durant la Seconde Guerre mondiale lui avaient permis d’acquérir des précieuses connaissances sur le fonctionnement de l’obusier M109 de 155 mm.

En septembre 1971, événement sans précédent, il est nommé SMR une troisième fois, cette fois‑ci auprès du Régiment aéroporté du Canada. On pouvait le voir partout, parlant avec les soldats, écoutant leurs doléances, partageant leurs risques et leurs misères, et prêchant par l’exemple. Durant son séjour au Régiment, il l’accompagne d’un bout à l’autre du Canada, en Arctique, aux États-Unis et en Jamaïque. Et il saute en parachute avec les sous-unités du Régiment à chaque occasion qui se présente.

Vers le fin de 1973, il quitte le Régiment aéroporté du Canada pour devenir Adjudant-chef de l’artillerie au bureau du directeur de l’Artillerie, au Quartier général de la Défense nationale.

La contribution remarquable et considérable de l’Adjudant-chef au Régiment royal, aux Forces canadiennes et au Canada est reconnue en 1974, alors qu’il est fait Officier de l’Ordre du mérite militaire. Il prend sa retraite le 30 décembre 1975, après 35 ans de service chevauchant deux guerres.

Voulant poursuivre son service, il travaille de 1978 à 1983 comme officier responsable du détachement de corps des commissionnaires de la BFC Petawawa. Son attachement inébranlable envers le Régiment royal et son dévouement envers les soldats canadiens demeure un modèle d’inspiration pour les générations futures.

L’Adjudant-chef Vallee est décédé à Ottawa en 2000.