1945 > Great Gunners

LGen WAB Anderson OBE, CD (1915-2000)

Photo of LGen WAB Anderson

Membre d’une famille de militaires parmi les plus remarquables du Canada, le lieutenant-général William Alexander Beaumont Anderson est né à Montréal. Son père, le feu major-général W. B. Anderson, CMG, DSO, d’Ottawa, était un ancien commandant du District militaire n° 3; un oncle, le major-général T. V. Anderson, DSO, était chef de l’état-major général au début de la Deuxième Guerre mondiale, et un autre oncle, le colonel A. A. Anderson, DSO, était commandant adjoint du Centre d’instruction des Transmissions royale canadienne à Kingston pendant la guerre de 39-45.

Il fait ses études à l’École collégiale Rothsay à St-Jean au Nouveau-Brunswick où son intérêt pour la vie militaire se manifeste; il se joint au régiment Frontenac à l’âge de 13 ans et entre au Collège Militaire Royal (RMC) en 1932. Pendant ses années de collège, il passe deux étés à s’entraîner dans la Marine royale canadienne, d’abord comme cadet au NCSM Stadacona et le suivant en mer sur le NCSM Saguenay. Diplômé en 1936, breveté lieutenant dans l’Artillerie royale canadienne, il est ensuite en permission pour étudier à l’Université Queen’s. Il sert par la suite auprès de la batterie «A» à Kingston et auprès de la batterie «C» à Winnipeg. En 1939, il suit le cours d’état-major d’artillerie et est à compléter son instruction lorsque éclate la Deuxième Guerre mondiale.

Mobilisé, il est nommé capitaine‑adjudant du 3e Régiment de campagne et se rend outre-mer en décembre 1939. En mai 1940, il est désigné capitaine d’état-major de l’Artillerie royale au quartier général de la 1ère Division d’artillerie et mène le groupe précurseur lors du déplacement manqué sur Brest en juin 1940.

Suivent plusieurs nominations d’état-major au quartier général militaire canadien à Londres, ainsi que des études au Collège d’état-major de Camberley en 1941. Il reçoit le commandement du 15e Régiment de campagne en 1943. Quittant le commandement en mai 1944, il sert comme officier d’état-major général de 1ère classe (opérations) au quartier général de la 1ére Armée canadienne jusqu’à son retour au Canada en février 1945 où il est assigné comme commandant adjoint de l’Artillerie royale à la force du Pacifique (6e Division du Canada). La force du Pacifique est dispersée avant qu’il ne puisse rejoindre son affectation.

Promu colonel en 1946, il est nommé Directeur du renseignement militaire, pour ensuite fréquenter le Collège de la défense nationale en 1949 et être désigné directeur du Collège d’état-major de l’Armée canadienne. A titre de brigadier, il commande le Secteur de l’ouest de l’Ontario et le 1er Groupe-brigade d’infanterie canadienne en Allemagne. En 1956, il suit des cours à l’Imperial War College et de 1957 à 1962 occupe successivement les postes d’adjudant général adjoint, chef adjoint de l’état-major général et commandant du Collège Militaire Royal (RMC).

En janvier 1962, il est élevé au grade de major-général et nommé adjudant général, poste qu’il détient jusqu’à la réorganisation de l’Armée en 1964. Il préside ensuite le groupe chargé de produire un programme de perfectionnement des carrières pour les officiers et en octobre 1965, il est nommé chef adjoint des réserves. En juillet 1966, il est promu lieutenant-général et reçoit le commandement de l’Armée de Terre du Canada, la Force mobile.

Le lieutenant-général Anderson a été récompensé de l’Ordre de l’Empire britannique, de l’Ordre de Léopold, de l’Ordre de la couronne avec palme et de la Croix de guerre (Belgique); il a été cité à l’ordre du jour en 1944.

Lors de sa retraite en 1969, il se joint à la fonction publique ontarienne comme sous-ministre. Citons parmi ses nominations : président de la Commission de la Fonction publique de l’Ontario et secrétaire du Conseil de gestion du gouvernement de l’Ontario. Il occupe plus tard le poste de vice-président du Conseil ontarien de lutte contre l’inflation.

Actif dans sa communauté, le lieutenant-général Anderson est l’ancien président de la Société royale de sauvetage du Canada, il est membre du conseil consultatif du Niagara Institute et administrateur honoraire du Ballet national du Canada.

En septembre 1986, le lieutenant-général Anderson accepte la nomination de colonel commandant du Régiment royal de l’Artillerie canadienne. Il quitte ce poste en 1992 après six ans de loyaux services au Régiment royal. Après plus de 45 ans de service et différentes promotions jusqu’à Commandant de l’Armée canadienne, le lieutenant-général Anderson a fait une contribution remarquable à son pays et son régiment.

Lieutenant-général Anderson est décédé à Ottawa en l’an 2000.




MGen AB Matthews CBE, DSO, ED, CD (1909-1991)

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Le major-général Albert Bruce Matthews, fils du 16e lieutenant-gouverneur de l’Ontario, a fait ses études au Collège Upper-Canada et à l’Université de Genève; après l’obtention de son diplôme, il devint associé dans l’entreprise familiale. Enrôlé dans la 3e Brigade de campagne (milice active non permanente) en 1928, il passa la décennie suivante en service régimentaire. Il fut promu major en 1938, alors qu’il était le capitaine‑adjudant au 7e (Toronto) Régiment ARC.

Lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate, le major Matthews est mobilisé dans la 15e Batterie de campagne et l’accompagne outre-mer en janvier 1940. Au Royaume-Uni, il commande la 3/23 batterie moyenne, servant comme commandant adjoint du 1er Régiment moyen pour ensuite commander le 5e Régiment moyen. Après 14 années de service régimentaire, il devient un praticien averti de l’art de l’artillerie. Il est nommé officier de contre-batterie du 1er Corps canadien et en janvier 1943, est promu brigadier commandant de l’artillerie royale de la 1ère division du Canada; c’est à ce titre qu’il sert en Sicile et en Italie. Comme commandant de l’appui-feu pendant le débarquement de Sicile, il contrôle minute par minute le tir, du pont du monitor Roberts.

En mars 1944, il est nommé commandant de corps de l’artillerie royale du 2e Corps du Canada et en novembre, il est promu major-général et assigné au commandement de la 2e Division d’infanterie du Canada, poste qu’il occupe jusqu’à la démobilisation en novembre 1945. Reconnu pour son excellent travail, il est nommé commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique, est récompensé de l’Ordre du service distingué et est cité deux fois à l’ordre du jour. Le gouvernement reconnaissant des Pays-Bas le nomme grand officier de l’Ordre d’Orange Nassau avec épées croisées, et la France l’honore de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre avec palme. En novembre 1945, il est mis sur la liste de réserve des officiers en service actif.




MGen HON Brownfield CBE, MC, CD (1894-1958)

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L’un des plus brillants adeptes d’innovations techniques du Régiment royal, le major-général Harold Oswald Neville Brownfield est né à Englewood au New Jersey en décembre 1894, a fait ses études à Kingston en Ontario et a ensuite suivi des cours au Collège militaire royal (RMC). Diplômé en 1910, il est employé comme instructeur pour l’Artillerie royale du Canada et à l’École de l’Artillerie royale à Kingston.

Il sert comme lieutenant en France de 1916 jusqu’à l’armistice et se voit décerner la Croix militaire de la bravoure. Il est cité pour son sang-froid et son courage dans les soins apportés aux blessés alors qu’il est sous un barrage puissant d’explosifs et de gaz, de même que pour être demeuré à son poste d’observation sous le feu constant de mitrailleuses. «Brownie», ainsi qu’il est affectueusement appelé, est fréquemment mentionné pour son adresse et son courage à l’action.

Après son service à Kingston et à Winnipeg, il suit des cours au Collège impérial d’état-major et, diplômé en 1934, il est nommé professeur de tactique au Collège militaire royal (RMC). Lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate, il est officier d’état-major général au district militaire no 7 à St-Jean au Nouveau-Brunswick. Il se rend outre-Atlantique comme major de brigade de l’Artillerie royale canadienne, 1ère Division d’infanterie du Canada. Il est bientôt promu et nommé commandant du 8e Régiment de campagne.

À cause de ses capacités reconnues et de son expérience outre-mer, il est rappelé au Canada en 1940 et promu commandant de l’artillerie divisionnaire de la 3e Division, nouvellement formée. L’été suivant, il traverse l’Atlantique avec sa division en direction du Royaume-Uni.

En novembre 1941, il est nommé commandant de l’artillerie du corps d’armée avec le 1er Corps canadien et sert en Angleterre et en Italie avant d’occuper le poste de brigadier de l’artillerie royale de la 1ère Armée canadienne de novembre 1943 à janvier 1945. Dans les dernières phases de la guerre, il commande le groupe «C», l’élément Artillerie des unités de renfort canadiennes au Royaume-Uni. Sa capacité à coordonner toutes les questions d’artillerie est hautement acclamée. Il est reconnu pour son dévouement, son efficacité et sa puissante personnalité. Parmi ses nombreuses réalisations, citons : la conception et la fondation de l’École militaire canadienne d’Artillerie (outre-mer), le développement et l’essai sur le terrain du Land Service Mattress (1ère Batterie de roquettes canadienne), de même que l’instruction des unités d’artillerie soutenant l’opération “OVERLORD”. Il est récompensé pour son travail en étant promu au rang de commandant de l’Ordre très excellent de l’Empire britannique.

De retour au Canada en 1945, il commande le Commandement des Prairies; l’année suivante, il est nommé commandant de l’état-major interarmées à Washington et promu major-général. Il prend sa retraite en 1947.

Le major-général Brownfield honore le Régiment royal en acceptant le poste de colonel commandant en 1948; c’est à ce titre qu’il sert le Régiment royal pendant dix ans. Dans l’exercice de ses fonctions, il visite la plupart des unités d’artillerie canadiennes et offre fréquemment des plaques et des trophées régimentaires. On dit qu’il connaît plus d’artilleurs canadiens que n’importe quel autre officier d’artillerie.

Sa longue carrière est marquée au sceau du professionnalisme, des idées innovatrices et d’une authentique sympathie pour les soldats du Régiment royal. Dans une large mesure il est responsable des réalisations des artilleurs canadiens actuels.

Le major-général Brownfield est décédé à Brockville en Ontario le 8 juillet 1958.




LCol Norman Bruce (Ike) Buchanan, MC with 2 Bars, ED (1915-2008)

Photo of LCol Norman Bruce (Ike) Buchanan

Norman Bruce « Ike » Buchanan est né à St. Stephen, au Nouveau-Brunswick, le 16 septembre 1915. Il fréquente le Collège militaire royal du Canada de 1934 à 1939. Il obtient son diplôme en tant que lieutenant dans l’Artillerie canadienne. Après l’obtention de son diplôme, Ike sert au sein de la Batterie Partridge Island à Saint John, au N.-B., de 1939 à 1940.

Ike sert durant la Seconde Guerre mondiale, de 1940 à 1945. En 1940, Ike se rend en Grande-Bretagne et il est détaché à la 1re Armée britannique. En 1942 et en 1943, Ike sert en Afrique du Nord aux côtés de l’Armée britannique en tant qu’officier observateur avancé (OOA). En 1943, Ike sert dans le 1er Régiment d’artillerie de campagne, RCHA, 1re Division du Canada en Sicile et en Italie. Il passe par la suite au 14e Régiment d’artillerie de campagne, ARC, 3e Division du Canada. Il débarque en Normandie et il demeure en action jusqu’à la libération de l’Europe.

Il reçoit sa première Croix militaire en reconnaissance de ses actions en Afrique du Nord (Tunisie) le 22 février 1943. Pendant son mandat de commandant de troupe au sein de la 1re Division du Canada, Ike reçoit la première barrette à sa croix militaire pour ses actions en Italie le 7 octobre 1943. Il reçoit sa deuxième barrette à sa croix militaire pour ses actions durant l’invasion de la Normandie le 7 juin 1944.

Ike reçoit sa croix militaire avec deux barrettes pour trois actions séparées où il a fait preuve d’un courage exceptionnel. Seuls 23 militaires du Commonwealth ont la croix militaire avec 2 barrettes. Il est le seul diplômé du CMR et le seul artilleur canadien qui détient cette distinction honorable. Le roi George VI a remis à Ike la Croix militaire avec deux barrettes.

Ike était un homme de famille, qui a marié Janetta (Netta) C. (Wilson) en 1944. Après la guerre, il réintègre la vie civile au Nouveau-Brunswick. En 1952, il devient député provincial du comté de Charlotte. De 1952 à 1960, il est ministre des Forêts du N.-B. Durant cette période, il est champion du développement économique et de la croissance industrielle. Il met en pratique ses connaissances en génie aux projets de travaux publics. Il contribue à la modernisation des aéroports de Bathurst, de Fredericton, de Moncton et de St. John. Il fait la promotion du développement d’une grande mine de zinc à Bathurst et de la forêt au Nouveau-Brunswick./p>

En plus d’élever une famille, en 1965, Ike est élu maire du village de St. Stephen et il sert sa communauté jusqu’en 1966. En 1965, il établit un partenariat d’affaires et fonde une compagnie d’articles de sports appelée WinnWell. Il appuie l’entreprise familiale, Buchanan Bros. Ltd., un magasin d’ameublement lancé par son père. Ike travaille au magasin familial jusqu’en 1983.

Ike sert dans la Milice et devient commandant du Régiment de Carleton et de York au grade de lieutenant-colonel. Il motive et il inspire ses troupes et il les dirige lors des cérémonies de service d’honneur.

Ike excelle dans le sport amateur. En 1936, Ike est lanceur au championnat que remporte l’équipe de St. Stephen contre l’équipe de St. Croix. En 1971, il est plus tard intronisé au Temple de la renommée sportive du Nouveau-Brunswick. Ike a même l’honneur d’être lanceur contre Babe Ruth lors d’un match amical à Halifax. Après la guerre, Ike joue dans l’équipe de son père, qui remporte le titre au Nouveau-Brunswick et Ike intègre l’équipe Brier. Ike et son partenaire d’affaires, Norm MacLeod, inventent le bâton de hockey en fibre de verre, utilisé partout dans le monde.

Ike est décédé en 2008. En septembre 2018, le Collège militaire royal du Canada a inscrit Ike sur son Mur d’honneur.




General, The Honourable HDG Crerar PC, CH, CB, DSO, CD (1888-1965)

Photo of General, The Honourable HDG Crerar

L’un des plus grands commandants en temps de guerre, le général Crerar est né et a fait ses études à Hamilton en Ontario. Diplômé du Collège Militaire royal (RMC) en 1909, il occupe un poste auprès de la Ontario Hydro-Electric Commission à Toronto.

Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, il est lieutenant de la 4e Batterie de la 2e Brigade de la milice active non permanente, à Toronto. Il rejoint immédiatement la 1ère Division du Canada et traverse l’Atlantique avec le 1er contingent. Il sert en France, d’abord auprès de la 3e Brigade d’artillerie de campagne, puis comme major de brigade de la 5e Division d’artillerie canadienne. Chef de file reconnu dans le développement de l’artillerie moderne, il conçoit vers la fin de la guerre le plus large, le plus compliqué et le plus réussi barrage rampant. Ce barrage de trois jours au Canal du Nord interrompt la dernière avance des troupes allemandes et est considéré comme une brillante utilisation de l’artillerie. Il est récompensé, pour ce travail, de l’Ordre du service distingué. En octobre 1918, il est promu lieutenant-colonel.

Après la guerre, il reste dans l’Armée et est nommé à l’état-major général à Ottawa. Après avoir suivi le cours d’état-major au Collège d’état-major britannique, il retourne à Kingston comme professeur de tactique au Collège militaire royal (RMC). Il représente le Canada à la conférence sur le désarmement à Genève en 1932 et à la conférence impériale de Londres de 1937. Il est promu colonel en 1935 et nommé commandant du Collège militaire royal (RMC).

Immédiatement après la déclaration de la guerre en 1939, il est promu et envoyé en Grande-Bretagne pour préparer l’arrivée des troupes canadiennes. En juillet de l’année suivante, il retourne à Ottawa comme major-général et chef de l’état-major général. En 1941, il est promu lieutenant-général.

Vers la fin de 1941, il retourne en Angleterre et, afin de commander la 2e Division du Canada, revient au grade de major-général. À son arrivée, il est temporairement commandant du corps d’armée et est immédiatement promu lieutenant-général pour la deuxième fois. En avril 1942, il reçoit le commandement permanent du 1er Corps du Canada.

«Uncle Harry», comme l’appelle affectueusement son personnel supérieur d’état-major, exerce le commandement de la 1ère Armée canadienne le 20 mars 1944, moins de trois mois avant l’assaut allié en Normandie. En août, après la chute de Caen et alors que la bataille de Falaise est en cours, Crerar est en campagne et commande les troupes canadiennes. Outre trois divisions du Canada (la 2e, la 3e et la 4e), la 1ère Division blindée polonaise, la 49e Division (West Riding) et la 51e Division (Highland) de la Grande-Bretagne restent avec lui presque jusqu’à la fin des hostilités. Pendant ses campagnes, des éléments des forces américaines, belges, tchèques, hollandaises et françaises s’étaient joints à son armée; Crerar était habile à tirer le meilleur parti de forces si radicalement différentes.

Après que les Canadiens eurent enfoncé le saillant de Caen, le général Crerar dirige l’une des plus importantes batailles de la guerre : il lance ses troupes sur Falaise et ferme la brèche de Trun. Une poursuite à travers la France et la Belgique s’ensuit, du Havre à l’estuaire de l’Escaut et à Anvers. L’étendue de ce front l’oblige à passer beaucoup de temps à bord de son avion, visitant tour à tour les divisions britanniques pilonnant le Havre, la 3e Division canadienne attaquant Boulogne et Calais, la 4e Division canadienne à Bruges et Ostende, les Polonais à Terneuzen, les Américains près de Turnhout et la 2e Division canadienne à Anvers. C’est en soi tout un exploit.

Après les dures batailles du canal Léopold, de la poche de Breskens et de l’île Walcheren, il conduit son armée au saillant de Nimègue pour préparer l’assaut décisif sur l’Allemagne.

En février, il lance son armée contre le flanc nord de la ligne Siegfried, prélude des grandes batailles victorieuses des forêts de Reichwald et de Hochwald, préparant ainsi le terrain pour les attaques britanniques et américaines de la Ruhr et des plaines du nord de l’Allemagne.

Avec l’aide du 1er Corps canadien venu d’Italie, le général Crerar lance ses troupes à travers l’ouest et le nord de la Hollande vers le nord-ouest de l’Allemagne. C’est là que s’achève la guerre pour la 1ère Armée canadienne de Crerar. Le roi gratifie le général Crerar de l’Ordre des Compagnons d’honneur.

Le général Crerar fut le premier canadien à obtenir le grade de général alors qu’il était en service actif au front. La contribution de la 1ère Armée canadienne et des forces de nombreux pays qui s’y joignirent fut immense. Leurs victoires ont grandement facilité l’avance des Alliés en France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne.

Le général Crerar s’est retiré en 1946 après avoir servi le Canada pendant plus de 35 ans. Sa carrière couvre deux guerres mondiales et il a été décoré par la France, la Belgique, les États-Unis, la Pologne et les Pays-Bas.

L’un des chefs militaires les plus remarquables du Canada, le général Crerar est décédé à Ottawa en 1965.




Gen AGL McNaughton PC, CH, CB, CMG, DSO, CD (1887 – 1966)

Photo of Gen AGL McNaughton

Le général A.G.L. McNaughton est né à Moosomin, Saskatchewan le 25 février 1887 et étudia à l’Université McGill. En mai 1909 il reçut son brevet de lieutenant provisoire et gradua comme Bachelier en Sciences en 1910. La même année il fut promu lieutenant et nommé à la 3e Batterie de Montréal, artillerie de campagne canadienne.

En 1911 il est promu capitaine et représente l’Artillerie de campagne canadienne en Grande-Bretagne. À son retour au Canada, il reprend ses études et obtient une Maîtrise en Sciences et un degré en Génie Électrique. Il donne, pendant les années 1912-13, des cours à l’Université McGill sur l’Hydro-électricité, ensuite il entreprend une pratique privée. Le 28 mai 1913 il est promu major et nommé commandant de la 3e Batterie.

En septembre 1914, nommé commandant de la 4e Batterie il s’embarque pour l’Angleterre et arrivera en France le 9 février 1915. En avril, il est blessé à la seconde bataille de Ypres et évacué en Angleterre. En octobre, il est muté à la 2e division d’Artillerie et retourne au front en janvier 1916 avec la 6e Brigade d’obusiers. Il commande par la suite la 21e Batterie d’obusiers, est promu lieutenant-colonel et reçoit le commandement de la 11e Brigade d’Artillerie de campagne canadienne.

En juillet 1916, il est prêté au quartier-général du corps d’armée canadien comme officier contre-batterie. Ce poste l’amena à inventer des techniques innovatrices, du nouvel équipement et à promouvoir l’emploi des avions pour localiser les canons ennemis et lui valut l’Ordre du Service Distingué (DSO). Son barrage presque parfait à Valenciennes incorporant l’utilisation bien planifiée de la fumée, la précision du feu de contre-attaque et le soin pris afin de minimiser les pertes de vie civiles et les dommages à leurs propriétés demeurent à ce jour un exemple classique de l’art des artilleurs. Il fut crédité avec l’invention du “barrage encaissant” (Box Barrage) et ce même si de ses dires il s’agissait plus du résultat de l’évolution qu’une invention. Pour ces inventions et de nombreuses autres actions il fut mentionné trois fois aux “Dépêches” et nommé Compagnon de “The Honourable Order of the Bath”. Pendant les derniers mois de la guerre, à la bataille de Soissons il est blessé à nouveau. À son retour au Canada il est nommé à la Force Permanente.

En 1919 il est membre du Comité pour la réorganisation de la milice, est nommé colonel breveté et à la liste générale. En 1923 il devient chef d’état-major adjoint et en 1928, est nommé commandant de district du “District onze de la milice”.

Il est promu major-général et nommé chef d’état-major le premier janvier 1929. Il est ensuite prêté comme président du Conseil National de Recherches. Au début des hostilités en 1939, il est nommé à la Force d’intervention de l’armée canadienne (“Canadian Army Special Force”) au grade de major-général commandant de la 1ère division canadienne.

Avec l’expansion de l’armée canadienne, il devient commandant du Corps d’Armée canadien et de la première armée canadienne au grade de lieutenant-général. En février 1944, à l’âge de 58 ans, il revient au Canada et est promu général.

Le premier novembre 1944, il est placé sur la liste des retraités et plus tard le même mois il est assermenté comme Ministre de la défense nationale. On lui offre la position de Gouverneur-général mais il refuse l’honneur croyant qu’il pouvait être utile pour le Canada, vu la crise imminente de la conscription, comme ministre. Il demeura à ce poste jusqu’en août 1948.

Parmi la longue et exceptionnelle liste de réalisations au service de son pays, comme soldat, scientiste et homme d’état on retrouve le développement du radiogoniomètre à rayons cathodiques, le co-développement du “Vickers Vedette flying boat”, la construction de “Trans-Canada Airways”, le développement de l’obus perforant à sabot détachable, l’établissement du Musée National d’aviation, l’établissement de camps de secours pour les sans-travail et un terme comme Président du conseil de sécurité des Nations-Unies. Il avait un intérêt particulier pour l’environnement et fut parmi les premiers à parler en faveur de la préservation des ressources énergétiques du Canada.

Le général McNaughton était un canadien remarquable et son influence bénéficia à tous les citoyens. Sa vie entière fut une de service; les hommes de son calibre sont un rare trésor national. Les artilleurs du Canada sont privilégiés de le compter parmi “un des leurs”.




MGen EC Plow CBE, DSO, CD (1904-1988)

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Le major-général Edward Chester «Johnny» Plow est né à St-Albans, au Vermont en septembre 1904. Après des études au Collège Lower Canada, il entra au Collège Militaire royal (RMC)en 1921. Son frère aîné âgè John l’y ayant précédé, l’habitude se prit de nommer les nouveaux cadets du prénom de leur frère aîné; sa vie durant, il fut connu sous le prénom de «Johnny». Il revint plus tard au collège pour y enseigner l’artillerie et l’histoire militaire.

Sa première affectation est à la batterie «B» de l’Artillerie royale du Canada à Kingston où il joue un rôle prédominant dans la motorisation de l’ARC. En 1930, il introduit à Kingston les premiers camions Leyland et les voitures d’état-major Crossley à six roues; il part ensuite au Royaune-Uni étudier la motorisation. De retour à Kingston, il est nommé adjudant de brigade de l’ARC.

Lorsque la guerre éclate, il reste en Angleterre où il suivait un cours d’état-major et rejoint sa batterie en décembre 1939. Après un bref stage comme major de brigade de l’Artillerie royale à la 1ère Division du Canada, il commande le 8e Régiment de campagne d’armée (automoteur); l’année suivante, il devient premier officier contre-bombardement du 1er Corps canadien. Promu brigadier au printemps de 1942, il détient le poste de Commandant de l’Artillerie royale de la 3e Division du Canada, puis est nommé en décembre 1943 Commandant de l’Artillerie royale du 1er Corps canadien.

Alors qu’il sert sur le front Ortona, il est de plus en plus préoccupé par l’impuissance de l’organisation de contre-batterie à lutter efficacement contre les mortiers ennemis. Sous sa gouverne, une organisation efficace de contre-mortier est mise au point et essayée sur le terrain.

De retour au nord-ouest de l’Europe en décembre 1944 comme brigadier de l’Artillerie royale au quartier général de la 1ere Armée canadienne, il planifie le déploiement de l’artillerie affectée au soutien de l’opération VERITABLE et comprenant plus de 1 000 pièces. Le déploiement est entravé par un dégel hâtif, par des restrictions au déplacement de jour et est compliqué par les immenses quantités de munitions requises. Le 8 février, à quelques heures près, on rapporte que toutes les pièces sont prêtes à tirer; le brigadier esquisse un sourire de satisfaction.

À la fin de la guerre, il commande l’élément artillerie de la force d’occupation de l’Armée canadienne; en octobre, il quitte le continent pour occuper un poste en Angleterre. Avant la cessation des hostilités, le brigadier met sur pied un comité chargé de reconnaître la contribution des artilleurs canadiens. Grâce à lui, des bourses sont accordées de 1946 à 1951, des subventions données au fonds pour les mutilés de guerre du Ministère des anciens combattants ainsi que pour l’érection du monument national à l’artillerie au parc Major’s Hill pres de la colline parlementaire.

Dans la période d’après-guerre, le brigadier Plow met sur pied la Direction du développement de l’armement et la Direction de l’Artillerie au quartier général de l’Armée. Il commande pendant un an le Secteur de la Colombie-Britannique puis est nommé pour deux ans principal officier de liaison du Canada à Londres. Promu major-général en février 1951, il est nommé commandant du Commandement de l’Est, poste qu’il garde jusqu’à sa retraite en 1958. Il apprécie les gens de la ville d’Halifax et gagne rapidement leur respect et leur collaboration.

Le 15 janvier 1959, la major-général Plow est nommé lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse, nomination bien accueillie par les citoyens de cette province et qui marque le point culminant d’une carrière au service de son pays.

Le major-général Plow est décédé à Brockville en Ontario le 25 avril 1988.




MGen JH Roberts CB, DSO, MC, CD (1891-1962)

Photo of MGen JH Roberts

Le major-général John Hamilton «Ham» Roberts est né dans le village de Pipestone au sud-ouest du Manitoba le 21 décembre 1891. Il fait ses études au Collège Epson en Angleterre, à l’école-université de Victoria, au Collège Upper Canada de Toronto et au Collège militaire royal (RMC). Étudiant robuste et actif, il excelle dans les sports, particulièrement le football, le tennis, le tir et le cricket. Diplômé en 1914, il est breveté dans l’Artillerie royale canadienne.

Arrivé en Flandre à l’été de 1915, il remporte la croix militaire à la Somme en 1916 et sert auprès du Royal Canadian Horse Artillery (RCHA) jusqu’à ce qu’il soit blessé au combat en mars 1918. Dès sa sortie de l’hôpital, il occupe la fonction d’instructeur jusqu’à l’armistice.

De retour au Canada, il reste dans l’Armée et bientôt entraîne les artilleurs de la nouvelle force permanente. En 1924, il se rend à Winnipeg pour remplir les mêmes fonctions et est ensuite muté à Halifax pour servir dans l’artillerie lourde. Il est promu major en 1929 et lieutenant-colonel au début de la Deuxième Guerre mondiale.

Il se rend outre-mer avec la 1ère Brigade de campagne de la 1ère Division du Canada. Cette unité est réorganisée en 1er Régiment de campagne, RCHA à son arrivée en Angleterre. Au moment de l’effondrement de la France, son régiment est rappelé en Angleterre, et il est le seul commandant des forces alliées à se retirer avec toutes ses pièces. Il regagne l’Angleterre avec 12 Bofors, sept appareils régleurs de tir, trois porte-mitrailleuses Bren et plusieurs véhicules spécialisés.

Promu brigadier en juillet 1940, il est nommé commandant de l’artillerie divisionnaire de la 1ère Division du Canada et un an plus tard devient commandant de l’Artillerie royale du corps d’armée, 1 Corps du Canada. En avril de l’année suivante, il est promu major-général et exerce le commandement de la 2e division du Canada.

En août 1942, il est nommé commandant militaire de l’opération «JUBILEE», le malheureux raid de Dieppe. La force se compose de nombreux éléments de deux brigades de la 2e Division du Canada; c’est à lui que revient logiquement le commandement. Il conduit toute l’opération du pont d’un destroyer et sous un tir nourri de l’ennemi; c’est avec une détermination inflexible qu’il monte à l’assaut. Pour sa conduite habile, courageuse et volontaire, il reçoit l’Ordre du service distingué. La France reconnaît son mérite et sa bravoure en lui décernant la cravate de commandant de la Légion d’honneur et la Croix de guerre avec palme.

Vers la fin de 1942, le major-général Roberts commande les unités de renfort du Canada au Royaume-Uni et se retire de l’Armée de terre en 1945 après 35 années de service. Après la guerre, il accepte un poste auprès de la Commission impériale des tombes de guerre. Il prend sa retraite en 1950.

Officier décoré et hautement compétent, il accepta en silence les conséquences de l’exercice du commandement ce jour fatal d’août 1942. Officier humain et compatissant, il a servi le Canada, l’Armée canadienne et le Régiment royal pendant de longues années et avec compétence. Le major-général Roberts est décédé chez lui à Jersey dans les îles anglo-normandes le 17 décembre 1962.




Maj C Smythe OC, MC (1895-1980)

Photo of Maj C Smythe

Conn Smythe naît à Toronto, où il grandit et fait ses études. Bien que petit de taille, il excelle dans les sports, particulièrement au hockey. Sa détermination et son ardeur au jeu en font un adversaire redoutable; il sera d’ailleurs capitaine des “Varsity Juniors” de 1914-1915.

Quand la guerre se déclare en Europe, Conn, alors âgé de dix-neuf ans, tente de s’enrôler dans le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry; on le croit trop jeune alors qu’il n’est en fait que pas très grand et on lui répond que “les enfants ne sont pas admis dans ce bataillon!”. Il finira par se joindre à la 25e Batterie de la Canadian Field Artillery. Devenu officier en 1915, il est invité à faire partie de la 40e Batterie, la “Batterie des sportifs”.

Sa batterie, qui fait partie de l’artillerie de la 3e Division canadienne, arrive en Angleterre en mars 1916 et, à la mi-juillet de cette même année, se retrouve dans une position de canon au Saillant d’Ypres. Il prend part à la série de batailles légendaires qui suit : la Somme, Courcelette, Mont St-Éloi et Arras. A ce dernier endroit, des observateurs d’artillerie se joignent à l’infanterie pour la première fois; le jeune lieutenant Smythe accompagnera ainsi les Cape Breton Highlanders dans leurs assauts. Il se mérite alors la Croix militaire; la citation le concernant dans la Gazette du Canada se lit comme suit :

“Pour sa bravoure évidente et son sens du devoir. Il organisa un groupe d’hommes et il les mena à l’attaque avec beaucoup d’élan, ainsi dispersant une formation ennemie à un moment critique de la bataille. Il a été lui-même responsable d’élimination de trois adversaires avec son revolver. Il s’est précédemment montré à la hauteur de la tâche.”

Après le triomphe des Canadiens à la Crête de Vimy, le lieutenant Smythe passe au Royal Flying Corps comme pilote observateur d’artillerie. Le 18 octobre 1918, il est blessé lorsque son appareil est abattu à Passchendaele; suivent 14 mois comme prisonnier de guerre puis le retour à Toronto en février 1919.

Même si la pratique du hockey lui est désormais interdite à cause de ses blessures de guerre, il ne continue pas moins de s’y intéresser vivement et devient entraîneur-gérant des Varsity Grads, qui remportent la Coupe Allan en 1927 et représentent le Canada aux Olympiques de 1928. Ces succès l’amènent à la Ligue nationale comme entraîneur des nouveaux Rangers de New York. Il passe rapidement aux Pats de Toronto dont il devient propriétaire à la fin de 1927. Il s’empresse de changer le nom de l’équipe qui devient les Maple Leafs de Toronto et dont l’emblème, une feuille d’érable, est l’insigne de coiffure du Corps expéditionnaire canadien. A la fin de 1931, malgré la crise économique qui fait rage, il ouvre le Maple Leaf Gardens et remporte la Coupe Stanley le printemps suivant.

Il a 44 ans lorsqu’il est à nouveau appelé sous les drapeaux. En juillet 1940, il devient capitaine au sein du Corps-école d’officiers canadiens et encourage ses employés à s’enrôler; rapidement, 25 d’entre eux répondent à son invitation. Empêché de se rendre outre-mer, il se remémore son expérience du premier conflit et met à sur pied une autre “Batterie des sportifs”. En septembre 1941 est ainsi formée la 30th Battery 7th Toronto Regiment qui accueille des athlètes de nombreuses disciplines. Au printemps de 1942, alors que Conn Smythe prend part à un cours de commandant de batterie à Petawawa, ses Leafs perdent les trois premières parties de la finale de la Coupe Stanley contre Détroit. Toutefois, dans un revirement sans précédent, ils parviennent à renverser la vapeur et à remporter la Coupe en gagnant les quatre autres matchs de la série!

Après des affectations liées à la défense antiaérienne sur les deux côtes canadiennes, sa batterie s’embarque pour l’Angleterre en octobre 1942. Déployée à Colchester pour commencer, elle se rend rapidement dans le sud et, plus tard, s’installe près de Douvres à l’appui de l’invasion de la Normandie.

Cinq semaines après le Jour J, Conn accompagne sa batterie sur le continent et l’y mène au combat. On lui demande d’appuyer l’Opération “SPRING”, une poussée du 2e Corps d’armée canadien effectuée à partir de Normandie. Affectée à la protection des ponts de l’Orne à Caen, la Batterie est la cible de bombardements soutenus de la Luftwaffe; bon nombre de ses véhicules sont endommagés et en flammes et le major Smythe organise rapidement des équipes de “pompiers” qui parviendront à en sauver la majeure partie. Les bombardements se poursuivent deux nuits durant, faisant quatre morts et quatorze blessés, dont le major Smythe qui est gravement atteint au dos et à la colonne vertébrale par des éclats d’obus.

Amené dans un centre d’évacuation des victimes, il passe une nuit d’enfer à demander de l’aide, laquelle n’arrivera que le lendemain matin. Il commence à entendre de troublantes rumeurs qui parlent de pénuries graves d’effectifs, de soldats mal entraînés et d’unités décimées qu’on envoie dans la bataille comme renforts. En convalescence à l’Hôpital neurologique No 1, il recueille des informations qui, malheureusement, viennent confirmer ses craintes. De retour au Canada, il se rend compte que le grand public n’est pas au courant de la gravité de la situation. Il raconte ce qu’il sait au Globe and Mail qui publie un éditorial acerbe. La réaction ne se fait pas attendre; le ministre de la Défense se rend en Normandie et confirme qu’on manque de renforts correctement entraînés. Ce triste épisode mettra un terme à la carrière militaire de Conn Smythe.

Après sa convalescence, il revient au hockey et son équipe remporte la Coupe Stanley en 1945, 1949 et 1951. Sa blessure l’a rendu invalide mais elle lui est une source d’inspiration pour venir en aide aux plus démunis. Il se lance dans des activités philanthropiques et se dévoue pour la Société d’Ontario pour les enfants invalides, la campagne annuelle du timbre de Pâques, le Scarborough Variety Village, le Crippled Children Centre et l’Ontario Community Centre for the Deaf.

La contribution de Conn Smythe au Canada, à son milieu et au sport lui vaut l’Ordre du Canada en 1980. Le major Conn Smythe, homme d’affaires, soldat et sportif, bâtisseur de la nation canadienne et membre estimé du Régiment royal meurt dans son sommeil le 18 novembre 1980.




MGen HA Sparling CBE, DSO, CD (1907-1995)

Photo of MGen HA Sparling

Originaire de Toronto, le major-général Herbert Alan Sparling fait ses études à Ottawa et à St-Jean au Nouveau-Brunswick. Il entre au Collège Militaire Royal (RMC) à l’été de 1924 et reçoit son diplôme et son surnom de «Sparky» quatre ans plus tard tout comme son frère avant lui.

Il est breveté lieutenant et affecté à la batterie «B» de l’Artillerie royale du Canada à Kingston où il remplit différentes fonctions. À l’automne 1933, il est choisi pour suivre le cours d’état-major de l’Artillerie du Royaume-Uni et, à la fin de ses études en novembre 1934, il est nommé instructeur d’artillerie à l’École de l’Artillerie royale canadienne à Winnipeg. Il y reste jusqu’au printemps de 1938; une brève affectation au quartier général de l’Armée précède son retour au Royaume-Uni, cette fois pour aller au Collège d’état major de Camberley. Le cours est brusquement interrompu le 3 septembre 1939 lorsque la Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne. Le Canada n’avait jamais rassemblé un quartier général pour une armée de campagne. Les observations et les expériences du Brigadier Sparling ont permis l’organisation d’un moyen efficace pour que les généraux McNaughton et Crerar puissent exercer le commandement de l’armée.

Immédiatement de retour au Canada, il est affecté à la Division de l’adjudant général et à la Direction de l’instruction militaire et des fonctions d’état-major; en avril 1940, il est nommé Major de brigade, Artillerie royale au quartier général de la 2e Division canadienne. Il embarque avec la division en août et continue d’y servir jusqu’à sa promotion à lieutenant-colonel en mai 1941.

De nouveau au Canada, il est nommé à la Direction de l’instruction militaire à Ottawa jusqu’à son retour outre-mer en septembre 1942. En octobre, il reçoit le commandement du 13e Régiment de campagne, poste qu’il occupe jusqu’en mai 1943. Une série de nominations suivent : officier d’état-major général à l’état-major du Brigadier de l’Artillerie royale; affectation à la mission du 21e Groupe d’armées en Afrique du Nord; affectation à l’état-major du Brigadier de l’Artillerie royale au quartier général de la 8e Armée pour l’assaut sur l’Italie; observateur à la 1ere Brigade de chars en Sicile, puis retourne au Royaume-Uni pour rendre compte des opérations en Sicile; observateur au quartier général de la 8e Armée; observateur au quartier général du 13e Corps britannique en Italie. Il est rappelé au Royaume-Uni en octobre 1943.

À son arrivée en Angleterre, il est promu brigadier et nommé commandant de l’Artillerie royale, 3e Division d’infanterie du Canada; en décembre il retourne en Italie pour remplir les mêmes fonctions auprès de la 5e Division blindée du Canada jusqu’en décembre 1944. Il est ensuite transféré au quartier général du 1er Corps canadien en Italie et est nommé Commandant de l’Artillerie royale du corps d’armée, poste qu’il détient en Italie et au nord-ouest de l’Europe jusqu’au jour de la Victoire. En juin 1945, il revient au Canada pour commander la 6e Division d’infanterie du Canada, alors en formation pour servir au théâtre du Pacifique. Suite à la capitulation du Japon, il retourne en Europe comme Commandant de l’Artillerie royale de la 3e Division d’infanterie du Canada de la force d’occupation militaire canadienne en Allemagne.

En mai 1946, de retour au Canada avec la 3e Division, il est nommé commandant du District militaire n° 2, dont le quartier général est à Toronto. L’année suivante, au moment de la réorganisation de l’Armée, il occupe le poste d’officier responsable de l’administration au quartier général du Commandement du centre. À l’été de 1947, il reçoit le commandement du Secteur de l’ouest de l’Ontario où il reste en poste pour deux ans. En juillet 1949, il revient de nouveau au quartier général de l’Armée de terre pour occuper le poste de sous-chef de l’état-major général. L’année suivante il est choisi pour le Collège impérial d’état-major et en 1951 est promu major-général et remplit les fonctions de vice-chef d’état-major général.

En décembre 1955, il est muté à Washington pour occuper les postes de président de l’état-major interarmées canadien et de représentant canadien au Comité militaire permanent de l’Organisation du Traité de l’Atlantique du Nord. En septembre 1958, il revient au pays pour devenir officier général commandant le Commandement du centre. En juin 1962, le major-général Sparling prend son congé de retraite et est à la retraite l’année suivante.

Bien qu’à la retraite, il travaille activement comme membre de la Commission de police de l’Ontario pendant 16 ans. Il est également membre de la direction du Toronto Redevelopment Advisory Council, une organisation bénévole faisant des recommandations pour l’aménagement du centre-ville de Toronto. Maintenant des liens étroits avec le Régiment royal, il préside le comité d’histoire de l’Association de l’Artillerie royale canadienne, dirigeant la rédaction des deux volumes de l’histoire régimentaire The Gunners of Canada. En janvier 1969, il accepte la nomination de colonel commandant du Régiment royal de l’Artillerie canadienne, poste qu’il occupe avec enthousiasme jusqu’en 1975.

Le major-général Sparling a été commandant de l’Ordre très excellent de l’Empire britannique, et membre de l’Ordre du service distingué. Il a été cité et a été nommé officier de la Légion du mérite des États-Unis.

Ses travaux en formant l’artillerie canadienne au commencement de la Deuxième Guerre Mondiale et son sens du commandement après la guerre ont laissé une impression permanente sur le Régiment royal.

Il a demeuré à Oakville, Ontario, de 1962 jusqu’à sa mort en 1995.




Brigadier PAS Todd, CBE, DSO, ED, CD (1898-1996)

Photo of Brigadier PAS Todd

Originaire d’Ottawa, le brigadier Percy Arthur Stanley Todd a fait ses études à Bedford en Angleterre et à l’Ottawa Collegiate Institute. L’année suivant le début de la Première Guerre mondiale, il est parmi les 200 jeunes candidats se disputant les 53 places disponibles à ceux qui se présentent au concours de sept jours. Heureux candidat, il complète le cours intensif de temps de guerre d’un an et en 1916, il est commissionné sous-lieutenant de l’Artillerie royale. Il part bientôt pour le Royaume-Uni.

Après un entraînement en Angleterre, il quitte pour l’Égypte en juillet 1917. Après plus d’un an de guerre lente et pénible en Égypte et en Palestine, il contracte la diphtérie et en novembre 1917 est rapatrié au Caire pour ensuite être muté en Angleterre. Il est libéré de l’Armée de terre britannique et revient au Canada en 1919.

Après une brève rechute dans sa maladie, il occupe le poste de directeur régional pour une compagnie d’assurances, tout en continuant de servir dans la Governor General’s Foot Guards de la milice active non permanente. En janvier 1921, il est envoyé à la 1ère Brigade de campagne de l’Artillerie royale canadienne où il sert jusqu’à ce qu’éclate la Deuxième Guerre mondiale, accédant au commandement de la brigade comme lieutenant-colonel.

Au début de 1940, il s’engage comme volontaire dans le service actif, revenant au grade de major. Après s’être assuré du départ de ses artilleurs pour l’Angleterre, il passe six mois comme instructeur au Centre canadien d’instruction de l’Artillerie à Kingston. Il est bientôt nommé commandant d’une batterie du 5e Régiment de campagne et en novembre 1941 est affecté comme major de brigade au quartier général de l’Artillerie royale canadienne de la 2e Division du Canada. A la fin de 1942, il se voit attribuer l’Ordre de l’Empire britannique et est promu au commandement du 4e Régiment de campagne, poste qu’il détient pendant un an jusqu’à sa nomination en janvier 1943 comme commandant de l’Artillerie royale, 3e Division du Canada avec promotion au grade de brigadier.

Il est responsable de l’instruction, de la préparation et de la mise en oeuvre d’un plan de feux massif pour les trois services à l’appui de la 3e Division au jour J de l’assaut en Normandie; il coordonne l’appui feu du pont du N.M.S. Hilary. La difficulté de faire feu du pont d’un navire tanguant sur une mer houleuse et la nécessité d’une direction unique de toutes les opérations présentent de nombreux défis. Le succès du débarquement montre à l’évidence le soin de la préparation. En reconnaissance de son travail, il est récompensé de l’Ordre du service distingué.

En novembre 1944, il est nommé commandant de corps de l’artillerie royale, 2e Corps du Canada et en juin 1945 reçoit le commandement de la 1ère Brigade d’infanterie (souvent nommée la Brigade canadienne de Berlin). Il rentre bientôt au Canada et est placé sur la liste de réserve.

De retour à la vie civile, le brigadier Todd est nommé directeur général de Hamilton Street Railway et maintient son association à l’armée. Il est nommé commandant de l’Artillerie royale de la 1ère Division (milice) en janvier 1946, poste qu’il occupe jusqu’en septembre 1954 alors qu’il est transféré à la réserve supplémentaire. Il sert comme colonel honoraire du 18e Régiment de campagne de 1954 à 1959 et comme colonel commandant honoraire du Régiment royal de l’Artillerie canadienne de 1958 à 1962. A ce titre il représente activement tous les artilleurs canadiens.

Le brigadier Todd a joué un rôle majeur dans la réouverture du Collège militaire royal (RMC) après la guerre et a occupé le poste de président de la Conférence des associations de défense. Ses états de service à sa patrie et à ses artilleurs ont rarement été égalés.

Brigadier Todd est décédé en 1996.




MGen AE Walford CB, CBE, MM, ED (1896-1990)

Photo of MGen AE Walford

Le major-général Alfred Ernest Walford est né à Montréal le 20 août 1896 et a fait ses études à Westmount au Québec. D’abord employé comme comptable dans l’entreprise familiale, il accepta ensuite le poste de conseiller financier et de secrétaire-trésorier pour la maison James A. Ogilvie and Sons de Montréal.

En septembre 1914, il s’enrôle dans l’unité locale, les 58th Westmount Rifles, et sert comme signaleur. Un an plus tard, il s’engage dans la 3e Batterie de siège de la force expéditionnaire canadienne et part outre-mer en décembre 1915. En juin 1916, sa batterie (souvent appelée la «batterie de Cape» d’après le nom de son premier commandant) est en action sur la Somme. C’est là que, comme caporal de la 12e Batterie de siège, il reçoit la médaille militaire pour bravoure sur le champ de bataille; il est par la suite promu jusqu’au grade de sous-officier breveté de 2e classe, puis il est commissionné. Il continue de servir auprès de la 12e batterie jusqu’à l’Armistice.

De retour à Montréal, il continue de servir dans la milice active non permanente comme commandant de la 7e Batterie moyenne de 1927 à 1934. Promu lieutenant-colonel, il commande la 2e Brigade moyenne jusqu’à ce qu’éclate la Deuxième Guerre mondiale. Il est immédiatement nommé sous-adjoint à l’adjudant général de la 1ère Division d’infanterie du Canada et en décembre 1939, il retourne en outre-mer.

Alors qu’il est au Royaume-Uni, il sert comme adjudant adjoint et quartier-maître général (AA et QMG) auprès de la 1ère Division et, promu brigadier, il remplit les mêmes fonctions au quartier général du Corps canadien. Plus tard, alors que la première Armée canadienne était à l’entraînement se préparant pour l’invasion de l’Europe, le commandant de l’armée choisit le brigadier Walford pour faire partie de l’état-major du quartier général; ce dernier est cité pour son action lors de la campagne de Normandie. A l’automne de 1944, il obtient le grade de major-général et est nommé adjudant général.

Toujours à l’automne de 1944, il reçoit la distinction de commandant de l’Ordre de l’Empire britannique et au début de l’année suivante, il obtient des États-Unis la décoration de la Légion du mérite. Avant qu’il ne prenne sa retraite au début de 1946, le major-général Walford est nommé à l’Ordre très honorable du Bain.

Revenant au monde des affaires, le major-général Walford prend la direction de la Henry Morgan Limited de Montréal, un important conglomérat détenant des intérêts dans la finance et l’immobilier. En 1947, il accepte la nomination comme colonel honoraire de l’état-major de la 3e Division du Canada.

Actif au sein de sa communauté, il a occupé un certain nombre de postes: administrateur de l’Université McMaster, trésorier du Bureau de commerce de Montréal et commissaire de l’association des scouts du Montréal métropolitain. Il devint le premier président canadien de la Fédération des Chambres de commerce du Commonwealth.

Le major-général Walford est décédé à l’âge de 94 ans à Montréal après une vie au service de sa patrie et de son régiment.




Brigadier WS Ziegler CBE, DSO, ED (1911-1999)

Photo of Brigadier WS Ziegler

Originaire de l’Alberta, le brigadier William Smith Ziegler est né à Calgary et y fait ses études ainsi qu’au Strathcona High School à Edmonton. Il va ensuite à l’Université de l’Alberta, terminant avec un diplôme de génie civil.

Adolescent, il s’enrôle dans la 61e Batterie de campagne de la milice active non permanente en 1926 (il fallait alors avoir 18 ans pour être artilleur); il gagne son premier chevron en 1928 et en 1931 devient sergent-major de batterie. Commissionné l’année suivante, il s’élève au poste de capitaine-adjudant de la 20e Brigade de campagne en 1938.

In 1939, while still attending university, he was mobilized with the 1st Canadian Division, and in January 1940, he went overseas. He served as Battery Captain 61st Field Battery and later in the same position with X Super Heavy Battery. Selected because of his considerable experience, he returned to Canada to become the first Brigade Major Royal Artillery of the 3rd Canadian Infantry Division. He shortly found himself heading to the United Kingdom once again, this time to attend the Camberley Staff College. On completion, he was appointed to the staff of the First Canadian Army as General Staff Officer (Grade 1), Royal Artillery.

En 1939, alors qu’il est encore à l’université, il est mobilisé auprès de la 1ère Division du Canada et en janvier 1940 se rend outre-mer. Il sert comme capitaine de batterie de la 61e Batterie de campagne pour ensuite occuper le même poste auprès de la batterie super-lourde «X». Choisi pour sa vaste expérience, il revient au Canada pour devenir le premier major de brigade de l’Artillerie royale, 3e Division d’infanterie du Canada. Il retourne bientôt au Royaume-Uni, cette fois pour suivre le cours d’état-major au Camberley Staff College. A la fin de ses études, il est nommé à l’état-major de la 1 ère Armée canadienne à titre d’officier d’état-major général de 1 ère classe de l’Artillerie royale.

En mai 1943, il reçoit le commandement du 13e Régiment de campagne. Pendant qu’il est commandant, l’artillerie canadienne et son unité travaillent d’arrache-pied pour maîtriser l’utilisation complexe de l’artillerie massée. D’octobre 1943 à février 1944 il sert comme colonel chargé des procédures d’état-major et de l’entraînement au quartier-général canadien à Londres. Au début de 1944, il est promu brigadier pour occuper le poste de commandant de l’artillerie royale de la 1 ère Division d’infanterie du Canada, qui se trouve sur la ligne d’hiver d’Ortona en Italie. A la fin d’avril, l’artillerie canadienne, qui n’était pas dans le feu de l’action, est prête pour l’offensive du printemps. En direction de Rome s’étend la vallée de Liri avec ses trois lignes de défense fortifiées : la ligne Gustave du mont Cassin, la ligne Hitler du mont Cairo et la ligne César à 30 kilomètres au sud-est de Rome.

L’habile utilisation de l’artillerie par le brigadier Ziegler et ses plans de feux magistraux lors des opérations de la vallée de Liri contribuent de façon significative au succès de l’avance vers Rome et lui méritent l’Ordre du service distingué. A la fin des opérations en Italie au début de 1945, le brigadier accompagne ses artilleurs au nord-ouest de l’Europe et joue un rôle dans la défaite du Troisième Reich. En reconnaissance de son dévouement et de son action, il est nommé en septembre 1945 commandant de l’Ordre très excellent de l’Empire britannique.

A la fin des hostilités, le brigadier Ziegler sert auprès du ministère des Affaires étrangères de la Grande-Bretagne (section allemande). Il est commandant adjoint de la région de Hanovre auprès de la Commission de contrôle pour l’Allemagne, puis jusqu’en 1950 sert comme officier de l’administration régionale de terre en Niedersachsen.

Quittant l’Armée en 1950, il se joint à la Compagnie des Chemins de fer nationaux du Canada où il occupe un certain nombre de postes élevés partout au Canada jusqu’en 1956. Il s’associe ensuite à Inland Cement Industries et remplit des fonctions de cadre supérieur jusqu’à sa retraite en 1971.

Actif auprès de sa communauté, il est conseiller à l’École de commerce de l’Université d’Alberta, administrateur de l’Arctic Institute of North America, directeur de la Chambre des ressources de l’Alberta, siège au conseil consultatif de l’Armée du salut et est membre du Conseil de l’Alberta et des Territoires du Nord-Ouest du duc d’Édimbourg au Canada.

Les contributions du brigadier Ziegler au Régiment royal et au Canada, en temps de paix et guerre, inspireront les futurs générations d’artilleurs canadiens au service du Canada. Brigadier Ziegler est décédé à Edmonton en 1999.