1902 > Great Gunners

LGen Sir HE Burstall KCB, KCMG (1870-1945)

Photo of LGen Sir HE Burstall KCB, KCMG

Né au Québec, il étudia au Collège Bishop de Lennoxville et au Royal Military College of Canada (RMC) et reçut son brevet de lieutenant provisoire le 29 octobre 1889.

En mars 1898 le capitaine Burstall servit avec le “Yukon Field Force”, arrivant à Wrangell le 16 mai. Le rude voyage de 400 miles vers Fort Selkirk fut complété le 11 septembre et fut suivi d’un court voyage à Dawson.

Le capitaine Burstall servit avec le deuxième bataillon (service spécial) “Royal Canadian Regiment” en Afrique du Sud, participant au combat dans l’“Orange Free State” et le Transvall en 1900. Il fut ensuite détaché auprès du “South African Constabulary” jusqu’en mai 1902; il fut nommé deux fois aux “Dépêches” et nommé major-breveté.




MGen CW Drury CB (1856-1913)

Photo of MGen CW Drury CB

Très souvent référé à titre de “Père de l’Artillerie moderne au Canada”, Charles William Drury a soutenu avant tout, les intérêts des artilleurs pendant toute sa vie. Il obtint son brevet d’officier en janvier 1874 à l’âge de 18 ans à la “Garrison Artillery Brigade” de St John, Nouveau-Brunswick, son aptitude pour le travail technique de l’Artillerie de campagne et son talent de pouvoir utiliser ses connaissances d’une façon pratique ont été immédiatement reconnus.

Comme capitaine il servit lors de la “Rébellion du Nord-Ouest” (1885), commandant la division de campagne de la batterie “A” ARC. Ses efforts soutenus pour introduire des techniques de tir indirect malgré l’équipement non approprié était une indication de la voie progressive de sa pensée. Pour son travail épatant et sa vigilance constante pendant cette campagne il fut “mentionné aux Dépêches”.

Comme sous-officier il connut les difficultés de mobilité que l’artillerie de campagne avait pendant l’hiver. Son invention pratique et innovatrice du traîneau pour le canon et le transport des munitions permis la tenue d’exercices de mise et batterie tant en hiver qu’en été.

Au moment de la réorganisation de l’Artillerie permanente en 1893, le général Drury, qui était alors lieutenant-colonel, reçut le commandement de la Batterie “A”, de l’artillerie royale canadienne de campagne à Kingston et fut simultanément nommé commandant de l’école royale d’Artillerie. En 1893 il assista à l’ouverture de l’“Institut Impérial de Londres” et pendant son séjour en Angleterre il étudia le nouveau système de discipline de tir employé à cette époque par l’armée britannique. À son retour au pays, il enseigna immédiatement ce nouveau système de tir à son personnel instructeurs en préparation pour la session de cours d’hiver et la concentration de périodes d’entraînement à l’été 1894. Les activités d’entraînement de cet été-là incorporèrent l’utilisation de cibles réalistes, mobiles et automatiques inventées par le général Drury, un système qui fut aussi adopté et utilisé par la cavalerie et l’infanterie.

Pendant la guerre de l’Afrique du Sud, le lieutenant-colonel Drury fut envoyé en service spécial avec le premier Contingent canadien et nommé commandant de la Brigade canadienne d’Artillerie de campagne. Comme le style de la guerre commandait la dispersion des formations d’artillerie, il fut nommé commandant de différentes organisations de groupe d’armes de combat. Pour ses services en ce théâtre de guerre il fut “mentionné aux Dépêches” et nommé compagnon de “The Most Honourable Order of the Bath” (CB).

Pendant cette campagne les expériences pratiques et techniques de cet artilleur compétent favorisèrent plusieurs changements. Il reconnut le besoin d’augmenter l’efficacité destructive des munitions d’artillerie et la nécessité de développer des propulseurs sans fumée pour aider à la dissimulation. Il soutenait le déploiement de l’artillerie sous couvert ou sur les côtes opposées où les artilleurs pouvaient travailler sans être observés et dérangés par les actions ennemies. Il croyait que le tir indirect devrait devenir la voie normale de déploiement de l’Artillerie. À son retour au Canada l’adoption de ces améliorations de tir était son but principal.

En avril 1905 le colonel Drury fut nommé commandant du district militaire numéro 6 à Halifax. Le retrait des troupes britanniques d’Halifax était un sujet politique très sensible et sa main forte à la direction était nécessaire.

Le colonel Drury fut promu major-général en juin 1912 et malheureusement moins d’un an plus tard, à l’âge de 57 ans, le Canada perdait un de ses plus habiles artilleurs. Deux ans plus tard, lors de la Grande Guerre, on rechercherait des officiers de son talent et enthousiasme.




MGen Sir EWB Morrison KCMG, CB, DSO (1867-1925)

Photo of MGen Sir EWB Morrison KCMG, CB, DSO

Le major-général “Dinky” Morrison était un chef tant au civil qu’au militaire et pour la majeure partie de sa vie il servit les deux mondes comme “citoyen-soldat”.

Né à London, Ontario le 6 juillet 1867, il fut journaliste par profession et éditeur en chef du Ottawa Citizen pendant seize ans. Il dépensa une grande partie de ses énergies à l’avancement de la Milice. Sa carrière militaire commença avec sa nomination comme sous-lieutenant avec la 4e batterie d’Hamilton de l’Artillerie de campagne canadienne. Il se signala très tôt dans sa carrière obtenant des notes extraordinaires pendant l’entraînement d’artillerie.

Comme officier subalterne avec la batterie “D”, ARC pendant la guerre de l’Afrique du Sud, il reçut l’Ordre du Service distingué (DSO) pour ses qualités de chef et son courage remarquable en sauvant les canons à Leliefontein le 7 novembre 1900. À son retour au Canada il reprit sa carrière civile et son service avec la Milice. Il fut nommé capitaine-breveté et servit dans différentes positions pendant la prochaine décennie.

Quand le Contingent canadien fut formé pour service dans la première guerre mondiale, le lieutenant-colonel Morrison, maintenant Directeur de l’Artillerie convaincu le Ministre de la Défense Nationale que la Division de l’Artillerie devrait être composée d’unités existantes, plutôt que, d’hommes venant de partout dans le Dominion. Cette action garda les officiers, sous-officiers et hommes ensemble, cette considération pour l’homogénéité augmenta grandement l’efficacité de l’Artillerie dans le Contingent canadien.

Ayant refusé la nomination de commandant de la Division d’Artillerie en faveur du lieutenant-colonel H.E. Burstall qu’il considérait plus apte à la position à cause de son entraînement et expérience, il accepta au lieu le commandement de la 1ère Brigade de l’Artillerie de campagne canadienne. Plus tard, en septembre 1915 il fut promu brigadier-général de l’Artillerie royale, 1ère division canadienne de l’Artillerie. Le 2 octobre il assuma la même nomination avec la 2e Division de l’Artillerie canadienne nouvellement arrivée. Un peu plus d’un an plus tard en décembre 1916, il devint l’officier général commandant l’Artillerie royale, du Corps Canadien. Il a été promu major-général en juillet 1918 et fait Chevalier l’année suivante.

Le major-général Morrison était premièrement et avant tout un artilleur. À partir du moment où il débuta sa carrière de l’entraînement et des tactiques de l’artillerie. Ses capacités comme chef et comme artilleur furent démontrées par l’efficacité soutenue et le tir supérieur de toutes les unités sous son commandement. Son travail avec l’Artillerie du Corps Canadien lors des grandes batailles de la crête de Vimy jusqu’à l’Armistice confirme sa position comme remarquable commandant de l’Artillerie.

Dans la réorganisation de la milice active permanente de l’après-guerre le major-général Morrison occupa différentes positions successives : inspecteur général adjoint, maître général de l’artillerie et adjudant général. Il prit sa retraite en 1924 à cause de sa santé et décéda l’année suivante à l’âge de 58 ans.

Le major-général Morrison était l’incarnation du citoyen-soldat. Son intérêt pour son pays et sa croyance que le service pour son souverain était le devoir de tout citoyen, servirent de ligne de conduite pour les futurs canadiens.




MGen Sir SB Steele KCMG, CB, MVO (1849 – 1919)

Photo of MGen Sir SB Steele KCMG, CB, MVO

Samuel Benfield Steele est né à Purbrook, Ontario en 1849, il était le fils d’un capitaine retraité de la Marine Royale. Suivant la tradition militaire familiale il s’enrôla dans la Milice de Simcoe pendant les “Raids Féniens” de 1866. Il se qualifia pour une commission d’enseigne, toutefois il préféra servir dans les rangs afin de prendre de l’expérience. Comme soldat il accompagna Wolseley dans son expédition à la Rivière Rouge.

Après son retour en Ontario, étant toujours très intéressé par la vie militaire, il fut un des premiers à s’enrôler dans la première unité de la force régulière de l’Armée canadienne, la Batterie “A” de l’Artillerie royale canadienne. Un actif et robuste soldat, le jeune Sam Steele a rapidement maîtrisé une certaine connaissance de l’artillerie et fut promu sergent.

En août 1873, les plans établis pour la création de la “Police à cheval du Nord-Ouest” (North West Mounted Police). Le sergent Steele s’organisa pour être présenté au major Walsh, l’officier-recruteur de la Force. Ayant fait les arrangements nécessaires pour servir comme sergent-major de Walsh si sa libération de l’artillerie pouvait être arrangée, Steele fit donc appel au lieutenant-colonel French, (celui-ci deviendrait le premier commissaire de la “Police à cheval du Nord-Ouest”) qui lui accorda la libération requise. Steele était le troisième homme a s’enrôler. Il prit part à la première grande marche vers l’ouest de la “Police à cheval du Nord-Ouest” en 1874, voyageant plus de 1,255 milles à cheval.

La tâche de Steele était principalement de maintenir l’ordre sur le territoire où on construisait le chemin de fer Canadien Pacifique, faisant observer la prohibition et maintenant l’ordre en général.

En avril 1885 il fut nommé Surintendant et, lorsque la Rébellion du Nord-Ouest éclata, il organisa un groupe monté qu’on nomma les “Scouts de Steele” (Steele’s Scouts). Il a par la suite commandé la cavalerie qui est allée à la poursuite de “Big Bear”.

En 1887 on l’envoya dans les Kootenays où des mineurs américains se battaient avec les autochtones. Il y établit le Fort Steele, qui est maintenant un parc historique. Pendant la ruée vers l’or du Klondike, Steele fut envoyé dans le Nord pour maintenir la paix aux passages montagneux entre la côte-ouest de l’Alaska et les champs aurifères canadiens. Ses exploits dans le Klondike son légendaires; plusieurs auteurs ont raconté les exploits de “Smoothbore Steele” surnom faisant allusion à ses origines comme artilleur.

Le calme revint à peine au Klondike que la guerre éclata en Afrique du Sud. Steele démissionna de la “Police monté à cheval du Nord-Ouest” et devint le commandant fondateur du “Lord Strathcona’s Horse” en 1899. Après la guerre il resta en Afrique du Sud pour commander la section du Transvaal de la force constabulaire à cheval de l’Afrique du Sud.

Il revint au Canada en 1906 et joignit la Force Permanente, commandant un après l’autre les districts militaires de Calgary et Winnipeg et parvenant au grade de major-général. En 1914 il devint Inspecteur-général pour l’Ouest du Canada et était responsable pour l’entraînement des troupes de l’ouest pour le 2e Contingent de la Force Expéditionnaire Canadienne. Il commanda et entraîna la 2e division canadienne et l’accompagna en Angleterre mais non au front. Il demeura commandant de la région de Shorncliffe. Il se retira de l’armée en 1918.

La retraite ne convint pas très bien à Sam Steele et, approchant soixante-dix ans, il meurt le 30 janvier 1919 à Londres, Angleterre. On lui fit des funérailles de héros.

Avec son décès, une ère venait de passer, l’ouest canadien ne serait plus jamais le même et personne d’autre ne surpasserait Steele. Sa vie et son service marquèrent grandement notre histoire.

Ses premières années avec l’Artillerie royale canadienne contribuèrent énormément à former l’homme. C’est par des hommes comme lui que le Régiment Royal joua un rôle primordial à l’ouverture de l’ouest du Canada – il était unique.




MGen JF Wilson (1852-1911)

Photo of MGen JF Wilson

Le major-général James “Cupid” Wilson est né en 1852 à Kingston, Ontario. Après un court service comme “enseigne” avec le “47th Battalion of Volunteer Infantry” il joignit la Batterie de campagne de Kingston en 1871 et fut attaché à la Batterie “A” de la Force Permanente. Il fut un des officiers fondateurs de la Batterie “A”.

En 1884, au grade de major, il se porta volontaire pour service en Égypte et fut prêté à la 1ère Brigade de l’Artillerie royale et servit au Soudan. Son service comme combattant lors de cette campagne lui mérita la distinction d’être un des premiers canadiens de la Force permanente à servir outre-mer. Il se distingua et fut “Mentionné aux Dépêches” et reçut l’Étoile de Khédive.

En 1885 on le rappela du Soudan pour servir avec la Batterie “A” lors de la “Rébellion du Nord-Ouest”. Pendant l’hiver 1885 on lui donna la tâche non enviable d’établir la garnison de Fort Otter à Batoche et cela juste avant le retour de la Batterie à Kingston.

En juillet 1892 il dirigea un détachement d’artilleurs à l’Île-aux-Coudres, dans le fleuve St-Laurent, où il captura le capitaine Bouchard, le “roi des contrebandiers” avec une importante cache de liqueurs de contrebande.

Avec la réorganisation du Régiment en 1893, une partie des batteries “A” et “B” et toute la batterie “C” furent réorganisées dans les compagnies Numéro 1 et Numéro 2 de la Garnison de l’Artillerie royale canadienne à Québec. Le lieutenant-colonel breveté Wilson fut nommé commandant de la Compagnie Numéro 1.

En juillet 1897 il était maintenant commandant de l’École d’Artillerie royale à Québec et en même temps occupait le poste d’Inspecteur de l’Artillerie pour les districts militaires 5 à 9 et numéro 12. Le 25 février 1898 il était promu lieutenant-colonel et en décembre 1903 il assumait la position d’Inspecteur de l’Artillerie de Garnison.

Le 1er mai 1903 le colonel breveté Wilson devenait le premier canadien, né au Canada, à être Colonel Commandant du Régiment royal de l’Artillerie canadienne. L’année suivante on reconnut son service distingué et on le nomma aide-de-camp honoraire du Gouverneur-général, Lord Earl Grey.

Lors de l’ouverture du camp de Petawawa en 1907, le colonel Wilson devint le premier commandant du camp. Ses quartiers, une maison très modeste sur une colline porte encore le nom : “nid de Cupidon” (Cupid’s Nest)… le Colonel avait une réputation de coureur de jupons.

Le 15 novembre 1907 le colonel Wilson avait l’honneur singulier d’être le premier canadien-né à être nommé général de la Force Permanente. Cette promotion bien méritée en reconnaissance de service n’était pas sans ironie. Le message de promotion se lisait comme ceci, “le colonel J.F. Wilson, ADC, Colonel Commandant de l’Artillerie royale canadienne (RCA) ayant été trouvé physiquement inapte pour le service, est placé sur la liste des retraités et aura le grade honoraire de major-général lors de sa retraite”. Ainsi se terminait une carrière de 41 ans de service; une carrière qui se distingua par de nombreuses primeurs particulièrement au service des canons.